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lundi 29 octobre 2018

La synagogue de Pittsburgh à l’opposé des valeurs de Trump et de Netanyahou

"Les victimes juives du crime atroce de la Synagogue de Pittsburgh ont payé pour les valeurs portées par Trump et Netanyahou", écrit le quotidien israélien Haaretz, en rappelant que la synagogue attaquée défendait notamment les droits des réfugiés.





La Synagogue de "L’Arbre de Vie" (“Tree of life”), victime du terrible massacre qui a fait 11 morts samedi, s’est transformée en "Vallée de la Mort", provoquant un énorme choc dans toute la communauté juive américaine, à laquelle Trump s’est permis de faire des reproches sur son absence de gardes armés à ses abords.

"Il a ainsi relancé le débat qui surgit après chaque attaque massive aux USA sur "l’autodéfense et la prolifération des armes qu’elle implique". Et tout ce que Trump a trouvé à dire à ces victimes, c’est qu’elles étaient responsables de leur sort n’ayant pas choisi de s’armer jusqu’aux dents, comme il le préconise", relève Haaretz.

Et cette synagogue, souligne l’article, a été attaquée par le fasciste Robert Bowers parce que, contrairement à Trump, elle ne veut pas entendre parler de suprématie blanche et de chasse aux immigrés.

Sa haine des Juifs et des étrangers "n’ont pu qu’être encouragées par les propos de Trump qui a qualifié de "gens bien" ("fine people") les mouvement racistes d’extrême-droite qui ont organisé en aout 2017 le rassemblement meurtrier de Charlottesville", estime Chemi Shalev dans Haaretz ce dimanche.

Il estime que cette attaque est dans la lignée des colis et lettres piégés envoyés à des opposants de Trump, par Cesar Sayoc, un fan du président US.

Et que la volonté de Trump d’occulter la responsabilité du climat d’extrême-droite qu’il impulse, fait penser à la manière dont la droite israélienne, par le climat de haine qu’elle a entretenu, portait la responsabilité de l’assassinat par Yigal Amir d’Yitzhak Rabin en 1995.

"Et les expressions de soutien hypocrites en provenance de Jérusalem ne peuvent qu’ajouter à la douleur et à l’insulte de cette communauté juive américaine", peut-on lire dans Haaretz.

"La plupart des Juifs américains, souligne l’article, détestent depuis le début l’adulation de Netanyahou pour Trump. Naftali Bennett, qui a annoncé rapidement, en tant que "ministre des affaires de la diaspora" sa visite sur les lieux du crime,
crime, représente un gouvernement et un parti qui contestent la légitimité des mouvements de Réforme auxquels adhèrent la majorité des Juifs américains."

"Et ces Juifs de n’ont pas été attaqués en raison de sympathies pour Israel. Bowers a clairement exposé sur les réseaux sociaux qu’il assimilait les Juifs à l’organisation de soutien aux réfugiés, la Hebrew Immigrant Aid Society (HIAS), qui a notamment soutenu les réfugiés de Syrie, après avoir soutenu les réfugiés juifs fuyant le nazisme. Et de ce fait, ils contribuent dans l’esprit tordu de Bowers à mettre en danger la suprématie de la race blanche américaine".

Or l’HIAS a vertement critiqué la politique de Netanyahou à l’encontre des réfugiés africains.

"Ainsi, conclut Haaretz, les Juifs américains se trouvent condamnés à subir les mots de réconfort d’un président dont la conduite et la rhétorique leur répugne, ainsi que les expressions de soutien d’un gouvernement israélien qui les rejette, eux et leurs valeurs. A leurs yeux, les idées de ceux qui leur apportent ainsi leur soutien sont plus proches de celles de leur assaillant nazi que des valeurs des Juifs assassinés de sang froid dans leur lieu sacré de culte."

(Article traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

mardi 16 octobre 2018

Islamisation dans le 93: l'enquête toute trouvée

Islamisation en cours Seine-Saint-Denis. C'est la grande révélation de cette fin d'année. A l'origine de ce grand travail d'enquête, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, qu'on ne présente plus.


Par Charles KABANGO

La maison d'édition Fayard présente "5 jeunes journalistes, 8 mois d'enquête sans a priori ni tabou en Seine-Saint-Denis pour détecter les signaux, parfois faibles mais désormais ostensibles, de l’islamisation d’une partie de la société, puis en identifier les conséquences concrètes." La prétention est là. Indiscutable.

Cependant, Fayard va vite en besogne. Bien sûr que ce livre-enquête procède d'un a priori, c'est ce qui explique le choix d'aller dans le 93 et non dans le 16e arrondissement de Paris. Sans a priori, on se retrouverait en train de mener une enquête sur le moral des ménages assujettis à l'ISF à Aulnay-sous-Bois plutôt que dans le 8e ou 7e arrondissement de Paris. 

Et s'il ne s'agit que de détecter les signaux, parfois faibles mais désormais ostensibles, de l’islamisation d’une partie de la société, puis en identifier les conséquences concrètes... nul besoin d'une enquête au sens scientifique ou même journalistique. Tout touriste ou toute personne ayant déjà vécu en Seine-Saint-Denis peut valablement détecter les fameux signaux. 

Quant à l'islamisation, si on l'entend simplement comme le fait de devenir musulman, de se convertir à l'islam, les conséquences concrètes ne font l'objet d'aucun mystère: Chahada, Salat, Zakat, Saoum, Hajj. Les fameux cinq piliers de l'Islam. A moins qu’islamisation ne veuille dire autre chose que le fait de devenir musulman, et dans ce cas, il faudrait s'attendre à d'autres conséquences concrètes que nos enquêteurs cherchent à tout prix à identifier.

On sait depuis très longtemps que l'habit ne fait pas le moine, la foi serait-elle réductible à des "signaux" identifiables par tout païen? De quoi ces signaux peuvent-ils être réellement le nom? 

Qu'est-ce que l'islamisation?

Le problème fondamental de cette enquête repose sur son sujet : l'islamisation.  

Concept éminemment polémique, médiatique qui, lui-même, mériterait une sérieuse et profonde enquête, une sérieuse et profonde définition. Sans quoi, toute enquête prétendant nous instruire sur sa réalité  n'est que pure cafouillage, pur travestissement, pure confusion, pure propagande. Pure distraction.

Se sent-on à Bobigny comme on se sentirait à Dakar, à Ryad, à Islamabad ou dans n'importe quelle ville majoritairement et précisément islamisée? 

Fabrice Lhomme et Gérard Davet s'en tiennent à la définition du Larousse. Pour eux, si : " L’islamisme peut se définir comme une idéologie politique fondamentaliste qui cherche à régir la vie de l’individu et de la société dans une logique prosélyte.", alors  "L’islamisation est un phénomène plus large. Selon le dictionnaire Larousse, c’est l’« action d’islamiser », c’est-à-dire de « convertir à l’islam », et/ou d’« appliquer la loi islamique dans divers secteurs de la vie publique et sociale ".

Si l'islamisation est un phénomène plus large, c'est donc qu'elle englobe l'islamisme , ce qui nous emmène à la vérité d'un spécialiste du Coran,  Eric Zemmour,  selon qui, Islam=Islamisme. Un point, un trait. Il faut donc pouvoir tirer les conclusions qui s'imposent.

Par ailleurs, d'après les enquêteurs, Larousse, qu'on ne saurait accuser d'islamophobie, définit lui-même l'islamisation comme l'obéissance à la loi islamique dans divers secteurs de la vie publique et sociale....et l'islamisme c'est une idéologie politique fondamentaliste. L'islam est donc manifestement un problème. La République française ne saurait s’accommoder ni de l'islamisme, ni de l'islamisation, et encore moins de l'islam.  La loi de la République ne saurait cohabiter avec le musulman, puisque ce dernier est, nous dit-on, soumis à la loi islamique, laquelle régit une partie de la vie publique et sociale. 

Même si, dans un étrange paradoxe et une hypocrisie manifeste, les auteurs du livre Inch'Allah : l'islamisation à visage découvert écrivent: "Alors, d’emblée, il faut rappeler quelques évidences. Non, l’islam n’est pas un gros mot, « musulman » n’est pas une injure. Non, vivre sa foi intensément n’est pas contradictoire avec ce fameux principe de laïcité sur lequel se fonde, en matière religieuse, la République française."

Il y a là une intense contradiction. Ils essayent de se rattraper comme ils le peuvent. Ils tentent de contourner une contradiction de principe faisant du  musulman un sujet inquiétant et inquiet de la République. Vivre intensément sa foi dans un pays où l'interdiction du voile fait loi, n'est-ce pas la contradictoire?

En vérité, le mot islamisation fonctionne surtout comme  une menace et/ou une accusation publique et politique. L'islamisation en France, ce n'est pas rien, c'est le terreau sur lequel évolue le projet djihadiste, terroriste.  L'islamisation, c'est le contraire des valeurs républicaines : libertés, égalité des chances, laïcité, fraternité pour ceux et celles qui ont un nom chrétien, si possible, disons que c'est souhaitable. 

On indexe les fameuses populations "islamisées" ( c-a-d devenues musulmanes) qui, à défaut d'avoir pu s'acheter le PSG ou le Ritz, se concentrent dans tel coin de la France, pour bouffer du halal et s'habiller en djellabah.

L'islamisation, c'est également une ligne de démarcation électoraliste, entre les fameux islamo-fascistes et les mielleux islamo-gauchistes. 

L'ouvrage de Fabrice Delhomme et Gérard Davet se refuse d'explorer véritablement la notion obscure d'islamisation. On est là, dans la même lignée qu'un  Stephen Smith, qui parlait pour sa part  d'africanisation de l'Occident, et surtout de la France. Terme ô combien insignifiant, si on ne devine pas qu'il renvoie essentiellement à une préoccupation racialiste, voire raciste.

Melting pot

"Oui, établir un lien direct et automatique entre islam, islamisme et djihadisme relève du syllogisme malfaisant et, surtout, de la pure mauvaise foi. À l’inverse, nier que c’est au nom de l’islam qu’islamistes et djihadistes répandent, pour les uns, leur idéologie rétrograde, pour les autres, le sang des innocents, s’apparente à de la malhonnêteté intellectuelle." Écrivent les enquêteurs.

N'est-ce pas là une puissante faiblesse d'analyse? Une contradiction insoutenable? Une misérable subtilité? un alignement de termes non définis: islam, islamisme, djihadisme. Ensuite, je ne vois là aucun syllogisme malfaisant. Il y a un lien évident et direct entre islam et djihad. Quant à  l'islamisme, le djihadisme....le lien direct que l’on peut établir avec l'islam c’est leur racine. Reste donc à disserter sur le suffixe -isme.

Ce qui 'il y a de malfaisant et d'intellectuellement malhonnête, c'est d'entamer la polémique avant la moindre définition des termes du débat, c'est cette imbrication de termes, ce melting-pot de notions sur lesquelles on ne dit absolument rien, comme s'il y avait là-dessus, une commune entente secrète.

Le problème de fond n'est pas de reconnaître ou de nier qu'islamistes et djihadistes répandent idéologie retrograde et sang des innocents au nom de l'islam. Le problème est de savoir si cette couverture religieuse peut être valablement prise en compte. C'est tout le sens du débat entre Olivier Roy (islamisation de la radicalité) et Gilles Kepel (radicalisation de l'islam).  Gilles Kepel étant un allumé du Saint-esprit, la thèse d'Olivier Roy me paraît la plus digne d'intérêt. C'est elle qu’il faut discuter, interroger, secouer.  

Et en même temps

Nos enquêteurs caressent la joue du musulman pour mieux la gifler. Ils  écrivent :"Il faut le dire, le répéter sans cesse : l’immense majorité des musulmans de ce pays souhaitent vivre pacifiquement, en respectant les lois de la République, et rejettent totalement ces prédicateurs intégristes et autres kamikazes sanguinaires dont ils sont, par ailleurs, souvent les premières victimes. Mais ne pas oublier, pour autant, que les multiples attentats qui ont endeuillé l’Hexagone ces dernières années ont tous été commis par des musulmans extrémistes, affirmant agir "au nom d’Allah".

Il n'y a pas de mais..... la majorité des musulmans démontrent précisément que le problème du terrorisme ne se trouve pas dans leur foi, dans l'islam. Il est ailleurs. Les attentats n'endeuillent pas que l'Hexagone. Ils endeuillent le monde entier, et même s'ils sont commis par des musulmans, cela n'empêche pas que les premières victimes soient dans leurs rangs . Si on veut sérieusement penser cette question, il faut donc commencer par se dévoiler l'esprit. L'explication réelle de ces tueries ne se trouve pas dans l'islam, mais dans notre monde contemporain, en tant que monde capitaliste. 

Prenons ces 20 dernières années, il n'y a pas qu'au nom d'Allah que le sang a été répandu dans notre monde. Georges Bush le faisait au nom du "Bien".  Peut-on vraiment prendre  Georges Bush au mot? Alors, pourquoi s'oblige-t-on à croire la parole de mercenaires, brandissant le nom d'Allah à tout bout de champ?  Le réactionnaire Huntington n'a t-il pas déjà théorisé à propos? Alors, pourquoi se durcir le crâne, il faut convenir à cette vérité occidentale qu'il y a une idéologie islamiste. Une idéologie rétrograde. Et donc une banlieue rétrograde.

En Arabie Saoudite, au Qatar, a t-on affaire à des musulmans modérés ou extrémistes? Comment expliquer leur parfaite entente avec le monde occidental?

Décharger ces anecdotes sur les populations ostracisées et immigrées, voilà ce qu'on appelle enquête. L'islamisation à visage découvert c'est surtout le racisme dans toute sa splendeur. Ce à quoi on assiste en Seine-Saint-Denis, ce sont les premiers résultats du racisme d'Etat à la française, les "réussites" du capitalisme. 

Ce qui frappe la conscience lorsqu'on a un peu déambulé dans le 93 ou lorsqu'on y a un peu séjourné, comme moi, c'est moins l'esprit religieux que la pauvreté éclatante. C'est moins l' "islamisation" que la prolétarisation, ou si on veut être moins politique, la précarisation déchirante. C'est moins la loi islamique que la concurrence effective entre misérables. Le 93, n'est pas un territoire sous l'emprise d'une "idéologie", il est sous l’emprise du rien, du rien errant, du rien travaillant, du rien priant. On peut même raconter n'importe quoi sur le 93 sans risque de représailles... Chacun y va de sa petite enquête et nourrit les clichés les plus rentables.

Bienvenue dans le désert du réel

La consigne des deux directeurs de thèses à nos cinq vaillants étudiants était claire: "C’est là que nous avons dépêché nos cinq jeunes journalistes, qui l’ont labouré près d’une année durant. Avec une consigne, simple à expliquer mais délicate à mettre en œuvre : oublier tous les a priori, les clichés, les intox, et en revenir à ce qui fait l’essence même de notre métier : les faits."

Cette méthodologie a de quoi fait sourire tout enquêteur sérieux. Comment peut-on recommander à quelqu'un d'oublier ses "clichés"? Que lui restera t-il à la place? Oublier l'imaginaire dans lequel on baigne, c'est fou ça!

Qu'est-ce un a priori? Un cliché? Un intox? N'est-ce pas des faits qui nourrissent nos a priori, nos clichés, nos intox? Suffit-il de dire à cinq jeunes étudiants d'oublier les clichés pour que les faits enregistrés acquièrent toute la puissance du réel? Non.

Dans un ouvrage intitulé Bienvenue dans le désert du réel, le philosophe slovène Slavoj Zizek, commentant cette nouvelle guerre dans laquelle l'Occident a mis les pieds depuis les attentats du 11 septembre écrit : "Rien ne se passe au niveau de la réalité matérielle visible, aucune explosion massive ; pourtant l’univers connu commence de s’effondrer, la vie se désintègre." (...) " C’est la conscience de vivre dans un univers artificiel et isolé qui entraîne l’idée qu’un agent mauvais nous menace tout le temps de destruction totale."

L'arrière-fond de cette enquête est de présenter la réalité moderne sous l’alternative : République ou islamisme. Simulacre!

La Seine-Saint-Denis fut un désert du réel pour nos enquêteurs.  Ils y sont sortis comme ils y sont entrés, avec la seule vérité qu'ils savaient déjà: la France s'islamise.....Soumission....Identités malheureuses....les Territoires perdus de la République....Suicide français, etc.

Qu'on ait fait porter ce concentré de propagande à cinq jeunes esprits n'est guère étonnant. C'est le message subliminal du Christ sauveur dans Marc 10, 13-16: "Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »

Ainsi, on peut apprécier ces jeunes esprits sur les plateaux télés, nous faire des témoignages qui respirent l'innocence. 

L'islamisation à l'oeuvre 

"(...)oui, l’islamisation est à l’œuvre en Seine-Saint-Denis...Mais il faut se garder des interprétations hâtives, des conclusions simplistes. Si la loi islamique gagne des parts de marché, c’est souvent pour combler un vide, pallier des carences inacceptables, remédier aux errements de la puissance publique, autant de maux dont souffre la population locale. Par ailleurs, cette enquête le démontre, au sein même de la communauté musulmane du 9-3, ils sont nombreux à s’alarmer de cette poussée intégriste." Splendide mièvrerie de nos enquêteurs. 

Le jargon respire le mépris. Et une fois de plus, contradiction et melting pot sont au rdv. Le mot islamisation ayant été faiblement défini, tout et rien reposent maintenant sur lui. Quant à l'expression population locale, ça en dit long. On parle des habitants de la Seine-Saint-Denis, parmi lesquelles  une majorité de Français, comme s'il s'agissait des habitants du Mali, du Tchad, de la RDC. Pourrait-on mobiliser cette expression en parlant du 8e arrondissement? Non.

L'islamisation est ici présentée comme une pathologie de la République, puisque la loi islamique gagne des parts de marché pour combler un vide laissé par la puissance publique. S'islamiser, adhérer à l'islam est donc une conséquence malheureuse. Si l'Etat avait été là pour s'occuper de la population locale, celle-ci n'aurait point besoin de s'islamiser. Cette présentation et description de la Seine-Saint-Denis est un refus du réel. Un refus de réellement comprendre, un refus d'enquêter véritablement.  L'enquête démontre que la communauté musulmane du 93 est inquiète de la poussée intégriste. Il n'est plus ici question de population locale...mais de communauté musulmane.  

Nous n'allons pas commenter tout ce livre. Il n'est guère intéressant. Mais, il nous faut conclure sur un bout de texte de cette enquête inédite. 

"Enfin, cette propagation constitue-t-elle réellement un problème ? Ne faut-il pas accompagner ce retour du sentiment religieux plutôt que tenter de le freiner ? L’« identité » de la nation – en l’occurrence la nôtre –, concept dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs années, n’est pas une notion figée, elle évolue dans le temps, s’adapte aux mutations qui la parcourent… En d’autres termes, les revendications croissantes d’une partie des Français de confession musulmane ne sont-elles pas légitimes ?" Grosse plaisanterie de nos enquêteurs. 

Qui donc accompagnera le retour à ce sentiment religieux? Qui donc tente de le freiner? L'Etat laïc. De quel retour parle t-on?Fait-on semblant d'ignorer que dans cette histoire, l'Etat n'est pas neutre? L'historien le plus lu de France, Zemmour, l'a dit: ce qui fait (la) France, c'est le catholicisme.

Se demander si cette propagation  est réellement un problème n'a pas de sens quand on vient de présenter la loi islamique, l'islamisation comme un rempart lorsque l'Etat est absent. Cette analyse est fausse. L'Etat est bel et bien présent en Seine-Saint-Denis. Mais autrement. Ceux qui veulent savoir ce qu'est un Etat absent peuvent aller au Nigéria, en RDC, en Somalie, au Soudan, en Colombie,etc.

Quant à la question sur l' "identité" de la nation,il est curieux de voir comment les enquêteurs finissent par prendre en compte un concept qui leur paraît pourtant assommant: "l'identité nationale". De quelles revendications nous parlent les enquêteurs?  C'est donc là leur point d’atterrissage: l'identité. Ils vont dans le 93, non pas pour nous parler d'égalité, mais d'identité.

Ite missa est.