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lundi 18 juin 2018

Bateaux pour Gaza interdits à Paris !

Deux bateaux pour Gaza ont été interdits d’accoster à Paris par la préfecture, le 17 juin. “Ces bateaux font partie de la flottille internationale de la liberté qui tous les deux ans environ tentent de briser le blocus illégal de Gaza,” dit Claude Léostic, coordinatrice en France pour la flottille pour Gaza. “On est dans une dérive extrêmement grave de l’État français. Ici ils interdisent des bateaux qui ont une vocation pacifique. La politique française actuelle prend une tournure qui est extrêmement inquiétante.”



vendredi 15 juin 2018

Un procès politique !

Le 19 juin prochain, Cécil, Emmanuelle, Marcia et Sarah, militant.e.s féministes du Collectif 8 Mars Pour TouTEs !, passeront en procès. Pourquoi ? Une plainte a été déposée pour diffamation en 2015 à l’encontre du collectif par la maire du XXème arrondissement de Paris, Frédérique Calandra, membre fondatrice du Printemps Républicain. Une cagnotte a pour objectif de permettre à ces quatre militant.e.s de payer leurs frais d’avocats et de justice.


Pourquoi ce procès ? En 2015, Frédérique Calandra a porté plainte pour diffamation contre le Collectif 8 Mars Pour TouTEs ! qui avait dénoncé la décision de la maire du XXème de censurer une soirée intitulée "Violences sexistes : pas de ça chez nous ?". Cette plainte n’est pas unique : Sylvie Tissot du site Les Mots Sont Importants et la journaliste Rokhaya Diallo sont également l’objet de deux plaintes de Frédérique Calandra pour avoir, respectivement, publié et diffusé un texte dénonçant la censure. Le procès du 19 juin sera donc celui du collectif mais, également, celui de Sylvie Tissot et de Rokhaya Diallo.

Depuis sa place de maire d’arrondissement, Frédérique Calandra a donc décidé d’intenter un procès politique à un groupe féministe non-institutionnel, populaire et militant. Par ce choix, elle déplace l’affrontement politique dans l’enceinte d’un tribunal, demandant, ainsi, à un.e juge d’endosser le rôle d’arbitre politique entre deux féminismes qui s’opposent frontalement depuis de nombreuses années sur les terrains idéologiques, politiques, culturels et militants.

Ce déplacement stérile est très coûteux pour les militant.e.s du collectif qui ne peuvent jouer avec les mêmes armes financières qu’une élue. En effet, judiciariser les batailles politiques, c’est aussi les rendre inaccessibles à bon nombre d’entre nous.

La plainte de Frédérique Calandra a été déposée un peu plus d’un an après la première marche féministe organisée à l’initiative du 8 mars Pour TouTEs, au départ de Belleville. Cette mobilisation, réitérée plusieurs années de suite au moment du 8 mars avait rendue visible tant la fracture profonde qui traversait le mouvement féministe en France que le dynamisme et le potentiel d’une démarche d’auto-organisation offensive des victimes du sexisme. Et c’est à cela que Frédérique Calandra s’est attaquée en déposant sa plainte.

Face à cette élue, membre active du Printemps Républicain, les militant.e.s du collectif vont avoir besoin de soutien : nous sommes nombreuses et nombreux à combattre les idées et les stratégies politiques de cette mouvance politique qui revendique son islamophobie : il faudra également l’être lors de l’audience, le 19 juin prochain : 19 juin 2018 - 13h30, 17ème chambre correctionnelle, Nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris, 29-45 avenue de Clichy (Métro Porte de Clichy). L’audience commencera à 13h30, afin d’être présent.e.s à 13h30 dans la salle nous recommandons aux personnes souhaitant y assister de prévoir l’avance nécessaire au passage des portiques de sécurité.

Pour soutenir financièrement : Pot commun en ligne


p.-s.
Plus d’info et de détails sur l’historique de l’affaire dans ces articles :
- Polémique après la plainte de la mairie du 20e contre des féministes
- Féministes : le bras de fer qui fait tanguer Paris


mercredi 13 juin 2018

Médine : Récupérations politiques stériles

Suite aux débats autour d'un concert de Médine au Bataclan en octobre prochain, Asif Arif (Avocat au Barreau de Paris, auteur et conférencier spécialisé sur les questions d’islam et de laïcité) et Benjamine Weill ont souhaité remettre les choses en perspective pour sortir d'une récupération politique stérile.


La venue très prochaine de Médine au Bataclan fait parler d’elle puisque le Front National et Les Républicains, décidément plus unis que jamais, manifestent leur étonnement face à l’auteur compositeur des chansons comme Jihad ou encore comme « Don’t laïk ». Evidemment, sa barbe et ses chansons positionnées sont absolument étrangères à toute prise de décision de la part de ces partis politiques.
Alors qu’on attend de ces mêmes partis qu’ils se positionnent davantage sur les conflits sociaux et la baisse scandaleuse des aides sociales qui sont actuellement en débat, on voit que c’est toujours les mêmes qui ont bon dos pour faire une polémique stérile : Rokhaya Diallo, Yassine Belattar, Menel Ibtissem ou encore Maryam Pougetoux. Toujours des individus à qui on reproche, avec des méthodes proches du maccarthysme initiées par le Printemps Républicain, d’avoir un discours anti-républicain, islamiste ou encore faisant l’apologie du terrorisme.
Rappelons toutefois que le rap est d’abord un mode d’expression et que les paroles de cet artiste tombent sous le coup de la liberté d’expression. Il est en effet étonnant de voir que personne n’est choqué des unes de Charlie Hebdo mais que tout le monde s’outre de la venue d’un artiste au Bataclan qui va parler de jihad et de laïcité dans ses chansons.
Il faut toutefois garder la tête haute dans ces débats. D’abord, sur la question du Jihad, il semble que Médine a été très clair : le plus grand Jihad est celui que l’on fait contre ses propres passions. Alors que la France a été traversée par des attentats commis par des terroristes qui interprètent fallacieusement le terme et la signification de Jihad, pourquoi ne pas laisser un artiste qui véhicule justement le message inverse à celui du terrorisme ? Les Français sont-ils condamnés à penser que le jihad est le fait d’assassiner des innocents ?
Nous croyons ainsi que l’arrivée de Médine au Bataclan est symbole important à faire exister.
Dans la chanson Don’t Laïk, Médine ne fait que dénoncer, à la manière d’un artiste, ce qu’il pense être une dérive de la laïcité. Et comment estimer qu’il n’y a pas de dérive de la laïcité lorsque les plus grands journaux internationaux pointent du doigt notre obsession du voile, parfois qualifié d’étendard islamiste, parfois d’incivilité ou encore d’autre fois de signe de soumission ? Comment penser le débat dans notre société lorsque les débats concernant le voile ne donnent jamais la parole aux intéressés mais simplement à des leaders d’opinion dont le but est simplement de faire gesticuler leur audimat autour des questions de l’islam ?
Cette polémique est toute aussi futile et sans intérêt que bien d’autres. Force est toutefois de constater que le faciès est souvent très peu étranger à ceux que l’on choisit de jeter en pâture sur les réseaux sociaux. Ils sont tous typés et ont une vision de la laïcité qui n’est pas celle d’une guerre civile à petit feu.
Nous le disons donc, nous soutenons Médine au titre de la diversité des opinions de pensées et nous considérons, qu’à ce titre, il a toute sa place au Bataclan, comme n'importe quel autre citoyen désirant produire un spectacle de qualité.