Ce blog se veut un espace d'échange sur la ville du Plessis-Robinson et au delà ...
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mardi 30 juin 2015
Les Grecs peuvent-ils encore donner du crédit au FMI ?
Dans le New York Times, le prix Nobel d'économie 2008 Paul Krugman dénonce les conséquences des mesures d'austérité décidées en 2010 pour la Grèce et pointe à l'aide du graphique ci-dessus la faillite des projections du FMI sur les résultats de ces mesures.
A retrouver ici.
GDP pour Gross Domestic Product, le Produit Intérieur Brut
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Paul Krugman
lundi 29 juin 2015
Trois idées reçues sur la crise grecque !
Pour aller plus loin la vidéo de 10' de MrQuelquesMinutes : Comprendre la dette publique (en quelques minutes)
A propos de l'article 123 du Traité de Lisbonne lire ou relire l'article : Traité de Lisbonne, article 123 : le coup d'état de la finance
samedi 27 juin 2015
Le discours du Premier ministre grec Alexis Tsipras sur la tenue du référendum
Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé, dans une adresse au peuple retransmise par la chaîne de télévision publique (ERT), la tenue d'un référendum sur les propositions faites à la Grèce par les "Institutions" (FMI, BCE, Commission européenne) dans le cadre des négociations sur la dette. Traduction.
Depuis 6 mois, le gouvernement hellénique se bat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour mettre en œuvre le mandat que vous lui avez confié à l’issue des élections du 25 janvier.
Un mandat qui nous enjoint de négocier avec nos partenaires pour mettre fin à l’austérité et faire en sorte que notre pays renoue avec la prospérité et la justice sociale.
Un mandat qui nous enjoint de parvenir à un accord viable, respectueux de la démocratie comme des règles de l'Union, et qui permettrait à la Grèce de sortir définitivement de la crise.
Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d’appliquer les mémorandums qu'avaient signés les gouvernements précédents, mémorandums que le peuple grec a pourtant catégoriquement rejetés lors des dernières élections.
Mais nous n’avons pas un seul instant envisagé de céder.
De trahir ― autrement dit ― votre confiance.
Après cinq mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement abouti, lors de l’Eurogroupe d’avant-hier, à une proposition en forme d’ultimatum, un ultimatum adressé à la démocratie grecque et au peuple hellénique.
Un ultimatum qui contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs fondamentales de l’Europe, de la construction européenne.
La proposition faite au gouvernement fait peser sur le peuple grec de nouvelles charges, intolérables, mine la société, sape tout espoir de reprise économique en perpétuant l’incertitude et en aggravant encore les inégalités.
La proposition des Institutions comprend des mesures entraînant une dérégulation accrue du marché du travail ; des coupes dans les pensions de retraite ; de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public, ainsi qu’une augmentation de la TVA sur les aliments, l’hôtellerie et le tourisme ; les Institutions préconisent dans le même temps la suppression des exemptions fiscales pour la Grèce insulaire.
Ces propositions, qui portent directement atteinte aux acquis sociaux européens et aux droits fondamentaux ― droit au travail, à l’égalité et à la dignité ―, prouvent que certains de nos partenaires, que certaines de ces Institutions ne souhaitent pas parvenir à un accord viable, également profitable à toutes les parties, mais ont pour objectif d'humilier tout un peuple.
Ces propositions démontrent l'entêtement mis ― en particulier par le Fonds Monétaire International ― à défendre à tous prix une politique d’austérité extrême et punitive.
Les puissances aujourd’hui à la tête de l’Europe doivent dès lors, et plus que jamais, se hisser à la hauteur des circonstances et prendre des initiatives qui mettront fin à la crise de la dette publique grecque, une crise qui affecte d’autres pays européens et menace le futur même de l’intégration européenne.
Grecques et Grecs,
Nous sommes aujourd’hui porteurs d’une responsabilité historique à l’égard des luttes menées et des sacrifices consentis par le peuple grec pour la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale ; c’est notre responsabilité envers l’avenir de notre pays.
Cette responsabilité nous oblige à répondre à cet ultimatum en nous appuyant sur la volonté souveraine du peuple grec.
Au Conseil des Ministres qui vient de se tenir, j’ai solennellement proposé l’organisation d’un référendum afin que le peuple grec puisse se prononcer souverainement.
Cette proposition a été adoptée à l’unanimité.
Demain, l’Assemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin d’entériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, d’un référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire s’ils acceptent ou refusent la proposition faite par les Institutions.
J’ai déjà informé de ma décision le Président de la République hellénique mais aussi, par téléphone, le Président de la République française, la Chancelière de la République d’Allemagne et le président de la Banque Centrale Européenne ; demain, j’adresserai un courrier officiel aux dirigeants de l’Union Européenne et aux Institutions pour leur demander de prolonger le programme de quelques jours en sorte que le peuple grec puisse se prononcer librement, hors de toute pression et de tout chantage, conformément à la Constitution de notre pays et à la tradition démocratique européenne.
Grecques, Grecs,
Face à un ultimatum dont le but est de nous faire accepter une austérité extrême et humiliante, sans fin, sans perspective de redressement social et économique, je vous invite à vous prononcer souverainement, fièrement, comme l’histoire grecque vous y enjoint.
Répondons à l’autoritarisme et à l’austérité extrême par la démocratie, avec sérénité et détermination.
Que la Grèce, ce lieu qui a vu naître la démocratie, adresse une réponse démocratique retentissante à la communauté européenne, à la communauté internationale.
Je m’engage à respecter le résultat de votre choix démocratique, quel qu’il soit.
Je suis absolument sûr que votre décision fera honneur à l’histoire de notre patrie et portera au monde un message de dignité.
En ces heures cruciales, nous devons tous nous rappeler que l’Europe est la maison commune de ses peuples. Que l’Europe ne se répartit pas entre des « propriétaires » et des « invités ».
La Grèce est et demeurera une partie indissociable de l’Europe et l’Europe une partie indissociable de la Grèce.
Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.
Je vous appelle tous et toutes, dans un même élan national, dans l’unité et la sérénité, à prendre les décisions que nous méritons.
Pour nous, pour les générations suivantes, pour l’histoire des Grecs.
Pour la souveraineté et la dignité de notre peuple.
Traduit du grec par Dimitris Alexakis (Blog de Médiapart)
Sources : ici
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mercredi 17 juin 2015
Philo Bac S 2015 : "La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ?"
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lundi 15 juin 2015
Ufot Ekong : le génie nigérian qui a résolu une équation insoluble depuis 30 ans
Au Japon, un étudiant nigérian de l’université de Tokai accumule les performances académiques et les brevets d’invention. Ufot Ekong vient de résoudre une vieille équation mathématique.
Il est encore sur les bancs de la faculté et connaît déjà la gloire. Ufot Ekong, étudiant à l’université de Tokai à Tokyo, au Japon, vient de résoudre une équation mathématique dont personne n’avait trouvé la solution depuis son apparition, il y a trente ans.
Le meilleur étudiant du Japon de ces 50 dernières années
Ufot n’en est pas à sa première prouesse. Selon The Independent, qui rapporte l’information, “l’étudiant nigérian a eu les meilleurs résultats dans une université japonaise sur les cinquante dernières années !” Ufot Ekong, déjà diplômé en génie électrique, continue ses études pour se spécialiser en robotique.
“Depuis le début de ses études, Ufot Ekong a remporté six prix d'excellence académique tout en occupant deux emplois à côté, pour financer ses études, comme beaucoup d’étudiants”, poursuit le journal britannique.
Polyglotte et deux brevets d'invention à 24 ans
Ekong parle anglais, français, japonais et yoruba (sa langue maternelle). Le jeune Nigérian a d’ailleurs remporté le prix du meilleur étudiant en langue japonaise pour les étrangers. Ekong travaille actuellement pour Nissan et a déjà deux brevets à son nom pour la conception de voitures électriques.
mercredi 10 juin 2015
Des militants FN incendient 12 voitures pour dénoncer l'insécurité ...
L'ancien numéro 2 de la fédération de Seine-et-marne Adrien Desport est actuellement en garde à vue avec 3 autres militants FN. Il est soupçonné d'incendie volontaire et de multiples dénonciations d'infractions imaginaires
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| Adrien Desport en compagnie de JM Lepen |
«Cette semaine a été riche en évènements tragiques. Au sein de notre quartier, Mitry-le-Neuf, 20 véhicules ont été incendiés et les émanations ont touchés certaines habitations. Entre 23h et 4h du matin (Dans la nuit du 8 au 9 avril 2015, ndlr), les secours ont dû faire appel aux renforts des communes voisines et des services de secours départementaux afin de juguler cette trainée de poudre qui a ravagé certaines de nos rues. Aucun suspect n'a été interpellé. Le soir même, un des véhicules a brulé en face de mon domicile et avec quelques collègues frontistes, nous avons essayé par nos propres moyens (…) d'assister les forces de l'ordre dans leurs recherches ayant moi-même vu le pyromane avec une voisine»
Ce communiqué glaçant a été adressé aux habitants de Mitry-Mory en Seine et marne. L'auteur de ce récit, presque héroïque et inquiétant, n'est autre qu'Adrien Desport ancien numéro 2 du FN 77, et militant très actif au sein du SIEL et du RBM. Il est aujourd'hui en garde à vue, et a reconnu avoir lui-même incendié une douzaine de voitures comme le révèle Le Parisien (ici).
Sur les réseaux sociaux, Adrien Desport est prompt à dénoncer l'usurpation d'identité, la diffamation et autres agressions qui le viseraient. Pourtant c'est bien lui qui est en garde à vue et qui comparaîtra en fin de journée devant le tribunal correctionnel de Meaux ce mercredi pour destruction volontaire par incendie en bande organisée, dégradation volontaire de bien privé et dénonciation de délit imaginaire.
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Adrien Desport,
Front National
vendredi 5 juin 2015
La 6ème édition des Y'a Bon Awards !

Les Indivisibles organisent le 12 juin 2015 à 19H30, la 6ème édition, très attendue, des « Y’a Bon Awards » au Cabaret Sauvage.
Réservez d'ores et déjà vos places en cliquant ici.
Cette année, la cérémonie des Y’a Bon Awards sera animée par Matthieu Longatte, auteur-interprète de « Bonjour Tristesse » et soutenue par un jury composé de personnalités médiatiques de tous bords.
Au cours de cette cérémonie parodique et satirique, des trophées, en forme de banane dorée, seront décernés à des personnalités médiatiques et politiques nommées dans différentes catégories. Ces dernières s’étant illustrées par des propos racistes ou stigmatisants dans l’espace public et médiatique français.
L’occasion de récompenser le racisme ordinaire et les préjugés ethno raciaux installés depuis si longtemps dans notre paysage médiatique et politique français.
Depuis leur création en 2009, les Y’a Bons Awards, véritable évènement citoyen, sont devenu un rendez-vous associatif et militant incontournable et constitue un véritable baromètre des propos racistes tenus dans l’espace médiatique et public français, parfois en toute impunité.
Le jury sera composé cette année de: Yassine Belattar, Ovidie, Christine and the Queens, Blanche Gardin, Bruno Gaccio, Medine, Gilles Sokoudjou, Chadia Arab, Marwan Mohamed, Julien Salingue, Sarah Carmona, Juliette Fievet, Claudy Siar, Sophie-Marie Larrouy, Steve Tran, Grace Ly.
A voir ou a revoir les Y'a Bon Awards 2012
Les Indivisibles
Les Indivisibles sont un groupe de militants dont le but est de déconstruire, notamment grâce à l’humour et l’ironie, les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française des Français non-Blancs.
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Réformer une justice malade ...
Pourquoi les affaires politico-financières
n'aboutissent pas ...
jeudi 4 juin 2015
Ce soir à 18h-23h, l'émission vidéo "En direct de Médiapart" : Réformer une justice malade
Outreau, Clichy-sous-Bois, le scandale Société générale ou EADS, ou encore ces affaires politico-financières qui n'aboutissent pas. La justice doit être remise sur pied.
Jeudi 4 Juin à 20h30
Soirée spéciale - Émission Vidéo
en direct de Médiapart
Comment réformer une justice malade
EN ACCÈS LIBRE
Émission animée par
Frédéric Bonnaud et Fabrice Arfi
avec la rédaction de Mediapart
Frédéric Bonnaud et Fabrice Arfi
avec la rédaction de Mediapart
Pourquoi les affaires politico-financières n'aboutissent pas
Eric Halphen, magistrat, ancien juge d'instruction (affaire des HLM de Paris), président d'honneur de l'association Anticor
Noël Pons, ancien conseiller au service central de prévention de la corruption, auteur de 92 Connection, laboratoire de la corruption?
William Bourdon, avocat, président d'honneur de l'association Sherpa
Mathilde Mathieu, journaliste à Mediapart
La grande misère de la justice
Yves Charpenel, premier avocat général à la Cour de cassation
Alice Guilloux, juge d'instruction à Pontoise
David Koubbi, avocat (affaire Kerviel)
Michel Deléan, Mediapart
La justice du quotidien
Laure Heinich, avocate
Vanessa Lepeu, juge d'instance à Montreuil (93)
Jean-Paul Teissonnière, avocat spécialiste du droit du travail
Michel Deléan, Mediapart
vendredi 29 mai 2015
Emmaüs tacle Robert Ménard dans un visuel choc !
Si elle cible ostensiblement l'édile d'extrême droite, l'offensive d'Emmaüs vise également tous les comportements des élus qui stigmatisent des populations sur des critères religieux, ethniques ou sociaux.
Cette riposte du mouvement Emmaüs face à un comportement indigne d'un élu de la République s'inscrit dans la plus pure tradition des coups de gueule de l'Abbé Pierre souligne Thierry Kuhn, président d'Emmaüs France.
Selon lui, "des bancs sous cages d'Angoulême à l'instrumentalisation des repas servis à la cantine, les dérapages du personnel politique sont légion alors même que les signes de dislocation de la société sont bien réels".
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Nils Christie vient de nous quitter ...
Nils Christie vient de nous quitter. Norvégien, il était professeur de criminologie à l’Université d’Oslo. Personnalité de premier plan dans son pays, c'était aussi un criminologue critique. Auteur de nombreux articles scientifiques et d'une dizaine d'ouvrages, Christie s’était particulièrement intéressé à l’analyse de la croissance de l’emprisonnement dans les pays industrialisés, et de manière plus spécifique aux évolutions des politiques et des systèmes pénaux de la Russie et des Etats-Unis.
Son ouvrage L'industrie de la punition - Prison et politique pénale en Occident paru en 2003, est un ouvrage de référence traduit dans de très nombreuses langues.
Le taux d’incarcération est souvent compris comme un indicateur de la criminalité. Plus il y aurait de délits et plus on aurait de détenus... Nils Christie fait sauter cette idée reçue. Statistiques à l’appui, il montre que des pays industrialisés ayant, à la fin du xxe siècle, des caractéristiques socio-économiques, culturelles et linguistiques proches présentent des disparités énormes : pour 100 000 Canadiens, environ 130 sont en prison ; pour 100 000 Américains, ils sont plus de 700 ! Pourquoi ? Telle est l’interrogation de Christie : analyser les systèmes de pensée, les valeurs et les normes que se choisit une société, en fonction de son histoire, de ses psychodrames intimes, de ses peurs et de ses doutes. En fonction, aussi, d’une certaine logique de l’industrialisation qui ne s’arrête pas aux portes des prisons… Cette réflexion sur la politique et la pratique de la punition se réfère aux textes des grands penseurs du contrôle dans les sociétés post industrielles : de Michel Foucault à Zygmunt Bauman, Ivan Illich, John Rawls... Elle est résolument contemporaine et participe pleinement au débat sur les politiques sécuritaires.Paris, Autrement, coll. « Frontières », 2003, 218 p. Préface de Denis Salas et Xavier Lameyre.
lundi 25 mai 2015
La Robinsonnaise 2015
Comme à l'accoutumée trois courses sont organisées par le service municipal des sports en collaboration avec le Plessis-Robinson Athletic Club.
- La course famille, ouverte aux enfants accompagnés de leurs parents,
- Le 4,5 km, ouvert aux coureurs nés en 1999 et avant cette date, ainsi qu’aux coureurs handicapés
- Le 10 km (même conditions que le 4,5 km).
Les
trois premiers et premières de chaque catégorie du 4,5 et 10 km seront récompensés et tous les arrivants recevront un
t-shirt.
Les parcours
Quelques conseils pour le jour J
- Préparez vos affaires à l’avance
- Ne portez pas des chaussures neuves
- Restez raisonnable sur le dernier repas
- N'arrivez pas au dernier moment
- Echauffez-vous avec un footing lent d'une dizaine de minutes
- Hydratez-vous avant pendant et après la course
- Ne partez pas trop vite
- Profitez de la course des autres (sourires, encouragements ...)
- Pas de pression inutile, courrez libéré
- Après la course étirez-vous légèrement
et BONNE COURSE À TOUS !
Horaires
18 h 00 : Course Famille
18 h 30 : Course 4,5 km
19 h 00 : Course 10 km
Retrait des dossards
A partir de 15h30 le jour de la course, au gymnase Louis-Hachette
au plus tard 30 mn avant le départ de l'épreuve
Contact
Service des Sports
Centre Administratif Municipal
3, Place de la Mairie
Tél : 01 46 01 44 50
samedi 16 mai 2015
Le droit au logement opposable s'exerce à géométrie variable
Fait-on vraiment le maximum pour loger les ménages les plus en difficulté ? Non, répond le comité de suivi de la loi Dalo (Droit au logement opposable) dans un rapport paru ce mercredi 13 janvier
Normalement, les préfectures constituent l’offre principale de logements à destination des ménages prioritaires Dalo. Mais cela n’est pas toujours le cas, comme les chiffres de la Drihl (Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement) le montrent en Ile-de-France. Ainsi, les logements du contingent préfectoral à Paris sont affectés à 90 % aux ménages prioritaires Dalo, contre seulement 42 % dans les Yvelines ou 43 % dans le Val-d’Oise.
Dans les Hauts-de-Seine, seuls 23 % des logements sont affectés aux ménages prioritaires Dalo. Dans ce département, le fait que le contingent préfectoral soit délégué aux municipalités se fait au préjudice des ménages prioritaires.
Qu'en est-il au Plessis-Robinson ? Nous allons le demander très prochainement à son maire Philippe Pemezec.
Le rapport est disponible ici.
Communiqué de presse
Droit au logement opposable : l’appliquer c’est possible !
Le comité de suivi a transmis à Madame Sylvia Pinel, ministre du Logement, son 9e rapport concernant « l’offre de logement à destination des ménages reconnus au titre du droit au logement opposable ».
Au 5 mars 2015, 59 502 ménages reconnus au titre du droit au logement opposable restent à reloger, dont 44 013 en Ile de France. Ce rapport dresse un bilan de l’utilisation des différentes catégories de logements prévues par la loi pour assurer le relogement des prioritaires Dalo. L’Ile de France fait l’objet d’une attention particulière.
Le constat est sans appel. Le manque de logements sociaux n’est pas le seul motif de non relogement des personnes prioritaires Dalo. L’offre destinée aux personnes reconnues au titre du droit au logement opposable prévue par la loi ne se trouve pas pleinement mobilisée. L’utilisation des contingents préfectoraux reste faible dans plusieurs départements, l’objectif de 25 % d’attribution par Action logement semble loin d’être atteint, et la mobilisation du parc privé se maintient à un niveau dérisoire. Pourtant, ces différentes possibilités suffiraient à reloger les prioritaires Dalo dans la majorité des départements.
Les raisons sont multiples et complexes, mais force est de constater que l’ensemble des dispositifs existants ne se trouve pas mis en œuvre. L’explication principale constatée par le comité de suivi est une forme de renoncement de certains acteurs, pouvant aller, pour certains, jusqu’à développer des stratégies d’évitements pour ne pas reloger de ménages prioritaires. En effet, la stigmatisation grandissante des plus pauvres n’épargne pas les personnes reconnues au titre du droit au logement opposable. La possibilité d’exclure l’accès au logement des prioritaires Dalo des quartiers politiques de la ville, sans le déploiement en urgence d’une offre alternative, risque d’aggraver la situation.
Ce rapport formule 43 propositions pour se donner les moyens de respecter la loi dont :
- Instaurer un contrôle systématique de l’ANCOLS (Agence nationale du contrôle du logement social) sur l’identification et la mobilisation du contingent préfectoral
- S’assurer que les préfets utilisent l’ensemble de leurs prérogatives face à des commissions d’attributions de logements limitant le relogement de ménages prioritaires Dalo
- Atteindre l’objectif de 25% des attributions d’action logement et mobiliser le parc privé pour reloger les ménages prioritaires Dalo
- Mettre en place un plan d’urgence de relogement des prioritaires Dalo en Ile de France comportant des objectifs chiffrés et territorialisés.
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mercredi 13 mai 2015
vendredi 8 mai 2015
Ces "indigènes" morts pour la France et la liberté
« Depuis des années, vous avez quitté vos villages. Vous avez erré à travers l'Empire, vous avez parcouru la Corse et presque traversé la France.
En toute circonstance, vous vous êtes montrés loyaux et fidèles. Vous avez supporté les privations, vous avez accepté sans réserve un long et dur entraînement.
Vous avez enfin livré, en grands soldats des combats victorieux, vous avez notamment conquis l'île d'Elbe et participé à la libération de la France.
C'est vous qui, le 17 juin 1944 vous êtes les premiers lancés à l'assaut avec une ardeur admirable.
Votre bataillon, après un débarquement de vive force, qualifié des plus difficiles, a enlevé de haute lutte la plage de Marina di Campo et assure, en coupant dès le premier jour l'île d'Elbe en deux, le succès de l'opération.Vous avez participé à la réduction des forts de la presqu'île de Sicile et jusqu'à ce jour encore, vous avez lutté sans défaillance contre l'ennemi » Général Magnan
« Ainsi ont disparu de magnifiques unités qui, pas un seul instant, n'ont cessé de combattre, harcelés continuellement dans leurs étapes, et qui ne connurent d'arrêt que pour faire feu à l'ennemi » SHAT
En ce jour de commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale il est nécessaire de rappeler que, enrôlés de force, enrôlés de la misère ou enrôlés par ralliement, sur les 260 000 hommes engagés lors du débarquement de Provence, plus de 130 000 étaient Nord-africains, plus de 25 000 venaient d’Afrique subsaharienne.
Que sur les 112 000 hommes du Corps expéditionnaire français qui participa à la campagne d’Italie, 60% étaient d'Afrique du nord.
Que pour libérer la France et le monde de la haine raciale nazie, 8 000 « indigènes » sont morts et 35 000 furent blessés.
Que sur les 112 000 hommes du Corps expéditionnaire français qui participa à la campagne d’Italie, 60% étaient d'Afrique du nord.
Que pour libérer la France et le monde de la haine raciale nazie, 8 000 « indigènes » sont morts et 35 000 furent blessés.
En 14-18, tirailleurs algériens, tunisiens, marocains, sénégalais, malgaches, tonkinois, annamites, cambodgiens, ils furent 565 000 à participer à une guerre pour défendre le sol de leur colonisateur. 35 000 Algériens, 21 000 Tunisiens, 12 000 Marocains, 25 000 Africains subsahariens, principalement Sénégalais, 2500 Malgaches, 1 600 Indochinois, sont morts ou disparus. Morts non pas pour défendre leur sol, mais pour défendre la France.
C’est nous les Africains
Qui arrivons de loin
Nous v’nons des colonies
Pour sauver la Patrie
Nous avons tout quitté
Parents, gourbis, foyers
Et nous avons au cœur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu’un venait à y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours, à nos amours
Pour le pays, pour la Patrie
Mourir au loin
C’est nous les Africains
...
Le 8 mai 1945 c'est aussi la date du début des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, qui sont les répressions sanglantes des émeutes nationalistes qui sont survenues en 1945 dans le département de Constantine en Algérie durant la période coloniale française, à l'occasion de manifestations qui visaient à réclamer l'indépendance du pays.
Pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, des défilés sont organisés le 8 mai, y compris en Algérie, alors département français. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident de rappeler leurs revendications patriotiques par des manifestations.
Mais, à Sétif, un policier tire sur un jeune algérien tenant le drapeau algérien et le tue, ce qui déclenche des émeutes. Il y aura, parmi les Européens, plus de cent morts et autant de blessés.
Le nombre des victimes autochtones faites en représailles reste sujet à débat. Les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de tués à 1 165 ; un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait 17 000 morts et 20 000 blessés ; le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts.
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8 mai 45,
Libération,
Massacres de Sétif
vendredi 1 mai 2015
Baltimore 1968-2015 : la couverture choc de « Time »
Le magazine TIME a choisi de traiter en “une” les violentes émeutes de Baltimore, qui ont agité la ville du Maryland lundi 27 et mardi 28 avril. Sur la couverture de son dernier numéro s’étale une photographie en noir et blanc.
Sur la couverture, une photo en noir et blanc d'un afro-américain, le visage protégé par un foulard fuyant une armée de policiers armés et casqués visiblement à sa poursuite.
Le titre «America 1968» est barré d'un trait rouge remplaçant la date par «2015» et sous-titré : “Ce qui a changé, ce qui n’a pas changé”. Une référence aux émeutes qui avaient agité Baltimore après l'assassinat de Martin Luther King.
Sur la couverture, une photo en noir et blanc d'un afro-américain, le visage protégé par un foulard fuyant une armée de policiers armés et casqués visiblement à sa poursuite.
Le titre «America 1968» est barré d'un trait rouge remplaçant la date par «2015» et sous-titré : “Ce qui a changé, ce qui n’a pas changé”. Une référence aux émeutes qui avaient agité Baltimore après l'assassinat de Martin Luther King.
Malgré les apparences, ce cliché fort de sens date bien de 2015. Il illustre les émeutes qui se sont produites à Baltimore lundi 27 et mardi 28 avril, suite aux funérailles de Freddy Gray, un jeune afro-américain de 25 ans, mort après sa garde à vue. Depuis six policiers sont poursuivis pour homicide involontaire.
L'auteur de cette photographie est un habitant de Baltimore de 26 ans, Devin Allen. Ses clichés sont devenus viraux en quelques jours.
Quand j’ai vu ce qui était arrivé à Freddie Gray [le jeune Afro-Américain, habitant de Baltimore, dont la mort suspecte après son interpellation a été le déclencheur des émeutes], je savais qu’il fallait que je couvre ça.
[...]
Pour moi qui suis de Baltimore même, faire la couverture de Time Magazine, j'en reste sans voix. Cela me pousse à aller plus loin. Cela me remplit d'espoir à moi et à de nombreuses personnes autour de moi.
Après ma fille, qui est ma fierté et ma joie, c'est la meilleure chose qui me soit arrivée !
samedi 18 avril 2015
Noam Chomsky donne une interview à Euronews sur l'état du Monde
Hier Noam Chomsky, l'un des plus grands intellectuels du monde, a répondu depuis son bureau de l'Institut de Technologies du Massachusetts aux questions de l'émission Global Conversation.
Isabelle Kumar, euronews :
Noam Chomsky merci d‘être avec nous. Le monde en 2015 semble très instable, mais d’une façon générale, êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste ?
Noam Chomsky merci d‘être avec nous. Le monde en 2015 semble très instable, mais d’une façon générale, êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste ?
Noam Chomsky :
Au niveau mondial, nous courons vers un précipice : nous ne pouvons que chuter dans l’abîme, ce qui réduit fortement nos chances d’une survie décente.
Au niveau mondial, nous courons vers un précipice : nous ne pouvons que chuter dans l’abîme, ce qui réduit fortement nos chances d’une survie décente.
Isabelle Kumar, euronews :
De quel précipice s’agit-il?
De quel précipice s’agit-il?
Noam Chomsky :
Il y en a deux en fait : le premier est environnemental. Une catastrophe écologique est imminente, et nous n’avons que très peu de temps pour la limiter. Nous n’allons pas dans le bon sens. L’autre date de 70 ans, c’est la menace d’une guerre nucléaire, qui est en fait toujours croissante. Si vous regardez bien ce dossier, c’est un miracle que nous ayons survécu.
Il y en a deux en fait : le premier est environnemental. Une catastrophe écologique est imminente, et nous n’avons que très peu de temps pour la limiter. Nous n’allons pas dans le bon sens. L’autre date de 70 ans, c’est la menace d’une guerre nucléaire, qui est en fait toujours croissante. Si vous regardez bien ce dossier, c’est un miracle que nous ayons survécu.
Isabelle Kumar, euronews :
Regardons les questions environnementales d’abord. Nous avons demandé aux internautes, sur les réseaux sociaux, de nous envoyer des questions, et nous en avons reçu des milliers. Nous avons reçu cette question de Enoa Agoli, qui demande : “quand vous analysez la question de l’environnement avec le regard d’un philosophe , que pensez-vous du changement climatique ?”
Regardons les questions environnementales d’abord. Nous avons demandé aux internautes, sur les réseaux sociaux, de nous envoyer des questions, et nous en avons reçu des milliers. Nous avons reçu cette question de Enoa Agoli, qui demande : “quand vous analysez la question de l’environnement avec le regard d’un philosophe , que pensez-vous du changement climatique ?”
Noam Chomsky :
L’espèce humaine est vieille d’environ 100 000 ans, et elle est maintenant face à un tournant de son histoire. Cette espèce est dans une position où elle va bientôt décider, d’ici quelques générations, si l’expérimentation de la vie dite intelligente peut continuer, ou si nous sommes déterminés à la détruire. Les scientifiques reconnaissent que les combustibles fossiles doivent être laissés dans le sous- sol si nos petits-enfants veulent avoir des perspectives décentes. Mais les structures institutionnelles de notre société font pression pour essayer d’extraire la moindre goutte. Les effets, les conséquences humaines prévisibles du changement climatique dans un avenir proche, sont catastrophiques et nous courons vers ce précipice.
L’espèce humaine est vieille d’environ 100 000 ans, et elle est maintenant face à un tournant de son histoire. Cette espèce est dans une position où elle va bientôt décider, d’ici quelques générations, si l’expérimentation de la vie dite intelligente peut continuer, ou si nous sommes déterminés à la détruire. Les scientifiques reconnaissent que les combustibles fossiles doivent être laissés dans le sous- sol si nos petits-enfants veulent avoir des perspectives décentes. Mais les structures institutionnelles de notre société font pression pour essayer d’extraire la moindre goutte. Les effets, les conséquences humaines prévisibles du changement climatique dans un avenir proche, sont catastrophiques et nous courons vers ce précipice.
Isabelle Kumar, euronews :
En termes de guerre nucléaire, nous savons tous maintenant que l’Iran a conclu un accord préliminaire. Est-ce que cela ne vous donne pas une lueur d’espoir que le monde pourrait être un endroit plus sûr ?
En termes de guerre nucléaire, nous savons tous maintenant que l’Iran a conclu un accord préliminaire. Est-ce que cela ne vous donne pas une lueur d’espoir que le monde pourrait être un endroit plus sûr ?
Noam Chomsky :
Je suis pour les négociations avec l’Iran, mais ces discussions sont profondément viciées. Il y a deux états au Moyen-Orient qui multiplient les agressions, la violence, les actes terroristes, les actes illégaux, en permanence. Ils sont tous les deux des États très puissants, dotés d’armes nucléaires et de tout un armement. Et leurs armes nucléaires ne sont pas prises en compte.
Je suis pour les négociations avec l’Iran, mais ces discussions sont profondément viciées. Il y a deux états au Moyen-Orient qui multiplient les agressions, la violence, les actes terroristes, les actes illégaux, en permanence. Ils sont tous les deux des États très puissants, dotés d’armes nucléaires et de tout un armement. Et leurs armes nucléaires ne sont pas prises en compte.
Isabelle Kumar, euronews :
A qui faites-vous allusion ?
A qui faites-vous allusion ?
Noam Chomsky :
Les Etats-Unis et Israël. Les deux états nucléaires majeurs dans le monde. Après tout, il y a une raison qui explique pourquoi, dans les sondages internationaux, gérés par des instituts de sondages américains, les États-Unis sont considérés comme la plus grande menace à la paix mondiale par une majorité écrasante. Il est assez intéressant de constater que les médias américains aient refusé de publier cela.
Les Etats-Unis et Israël. Les deux états nucléaires majeurs dans le monde. Après tout, il y a une raison qui explique pourquoi, dans les sondages internationaux, gérés par des instituts de sondages américains, les États-Unis sont considérés comme la plus grande menace à la paix mondiale par une majorité écrasante. Il est assez intéressant de constater que les médias américains aient refusé de publier cela.
Isabelle Kumar, euronews :
Vous n’accordez pas une très grande estime au président américain Barack Obama. Mais avec cet accord avec l’Iran, ne le voyez-vous pas sous un meilleur jour ? Le fait qu’il s’efforce de réduire la menace d’une guerre nucléaire ?
Vous n’accordez pas une très grande estime au président américain Barack Obama. Mais avec cet accord avec l’Iran, ne le voyez-vous pas sous un meilleur jour ? Le fait qu’il s’efforce de réduire la menace d’une guerre nucléaire ?
Noam Chomsky :
En fait il ne fait rien. Il a juste lancé un programme de plusieurs milliards de dollars pour la modernisation des armes nucléaires américaines, ce qui signifie l’expansion du système nucléaire. C’est une des raisons pour lesquelles la célèbre horloge de l’apocalypse, établie par le Bulletin of Atomic Scientists, a, il y a quelques semaines, avancé de 2 minutes, donc plus près de minuit. Minuit est la fin. Il est maintenant 3 minutes avant minuit. C’est du jamais vu depuis 30 ans, depuis les années Reagan quand il y avait un risque imminent de grande guerre nucléaire .
En fait il ne fait rien. Il a juste lancé un programme de plusieurs milliards de dollars pour la modernisation des armes nucléaires américaines, ce qui signifie l’expansion du système nucléaire. C’est une des raisons pour lesquelles la célèbre horloge de l’apocalypse, établie par le Bulletin of Atomic Scientists, a, il y a quelques semaines, avancé de 2 minutes, donc plus près de minuit. Minuit est la fin. Il est maintenant 3 minutes avant minuit. C’est du jamais vu depuis 30 ans, depuis les années Reagan quand il y avait un risque imminent de grande guerre nucléaire .
Isabelle Kumar, euronews :
Vous avez mentionné les États-Unis et Israël avec l’Iran. Maintenant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rejette l’accord préliminaire sur le nucléaire iranien, et il dit…
Vous avez mentionné les États-Unis et Israël avec l’Iran. Maintenant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rejette l’accord préliminaire sur le nucléaire iranien, et il dit…
Noam Chomsky :
Nous savons pourquoi. L’Iran a de très faibles dépenses militaires, même selon les normes de la région. La doctrine stratégique de l’Iran est défensive. Elle est conçue pour tenir à distance une attaque, assez longtemps, pour que la diplomatie prenne le relais. Les États-Unis et Israël, deux Etats voyous, ne veulent plus tolérer la menace. Aucun analyste stratégique ne pense que l’Iran puisse un jour utiliser une arme nucléaire. Même s’il le faisait, le pays serait simplement vaporisé, et il n’y a aucune indication que les mollahs au pouvoir, quoi que vous en pensiez, veulent voir leur pays détruit.
Nous savons pourquoi. L’Iran a de très faibles dépenses militaires, même selon les normes de la région. La doctrine stratégique de l’Iran est défensive. Elle est conçue pour tenir à distance une attaque, assez longtemps, pour que la diplomatie prenne le relais. Les États-Unis et Israël, deux Etats voyous, ne veulent plus tolérer la menace. Aucun analyste stratégique ne pense que l’Iran puisse un jour utiliser une arme nucléaire. Même s’il le faisait, le pays serait simplement vaporisé, et il n’y a aucune indication que les mollahs au pouvoir, quoi que vous en pensiez, veulent voir leur pays détruit.
Isabelle Kumar, euronews :
Encore une question sur ce problème, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, de Morten A. Andersen qui demande: “Croyez-vous que les Etats-Unis puissent un jour parvenir à un accord qui serait dangereux pour Israël ?”
Encore une question sur ce problème, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, de Morten A. Andersen qui demande: “Croyez-vous que les Etats-Unis puissent un jour parvenir à un accord qui serait dangereux pour Israël ?”
Noam Chomsky :
Les États-Unis mènent en permanence des actions qui sont dangereuses pour Israël, très sérieusement. Tout en faisant croire qu’ils soutiennent la politique israélienne. Dans les 40 dernières années, la plus grande menace pour Israël a été sa propre politique. Si vous regardez en arrière, en 1970, Israël a été l’un des pays les plus respectés et les plus admirés dans le monde. Il y avait beaucoup d’attitudes favorables. Il est maintenant l’un des pays les plus détestés et craints dans le monde. Au début des années 70, Israël a pris une décision. Ils avaient le choix, et ils ont préféré l’expansion à la sécurité, avec des conséquences très dangereuses. C‘était déjà évident à l‘époque – je l’ai écrit et d’autres personnes l’ont fait : si vous préférez l’expansion à la sécurité, cela conduit à une dégénérescence interne, la colère, l’opposition, l’isolement et la destruction ultime éventuellement. Et en soutenant ces politiques, les Etats-Unis contribuent à la menace à laquelle Israël est confronté.
Les États-Unis mènent en permanence des actions qui sont dangereuses pour Israël, très sérieusement. Tout en faisant croire qu’ils soutiennent la politique israélienne. Dans les 40 dernières années, la plus grande menace pour Israël a été sa propre politique. Si vous regardez en arrière, en 1970, Israël a été l’un des pays les plus respectés et les plus admirés dans le monde. Il y avait beaucoup d’attitudes favorables. Il est maintenant l’un des pays les plus détestés et craints dans le monde. Au début des années 70, Israël a pris une décision. Ils avaient le choix, et ils ont préféré l’expansion à la sécurité, avec des conséquences très dangereuses. C‘était déjà évident à l‘époque – je l’ai écrit et d’autres personnes l’ont fait : si vous préférez l’expansion à la sécurité, cela conduit à une dégénérescence interne, la colère, l’opposition, l’isolement et la destruction ultime éventuellement. Et en soutenant ces politiques, les Etats-Unis contribuent à la menace à laquelle Israël est confronté.
Isabelle Kumar, euronews :
Cela m’amène à la question du terrorisme, un fléau mondial et certaines personnes, je pense, y compris vous-même, diront qu’il y a un retour de bâton de la politique américaine internationale. A quel niveau les États-Unis et ses alliés sont-ils responsables des attaques terroristes dans le monde entier ?
Cela m’amène à la question du terrorisme, un fléau mondial et certaines personnes, je pense, y compris vous-même, diront qu’il y a un retour de bâton de la politique américaine internationale. A quel niveau les États-Unis et ses alliés sont-ils responsables des attaques terroristes dans le monde entier ?
Noam Chomsky :
Rappelez-vous que la pire campagne terroriste dans le monde est de loin, celle qui est orchestrée à Washington même. C’est une campagne mondiale d’assassinat. Il n’y a jamais eu de campagne terroriste de cette échelle .
Rappelez-vous que la pire campagne terroriste dans le monde est de loin, celle qui est orchestrée à Washington même. C’est une campagne mondiale d’assassinat. Il n’y a jamais eu de campagne terroriste de cette échelle .
Isabelle Kumar, euronews :
Quand vous parlez de campagne globale d’assassinat…
Quand vous parlez de campagne globale d’assassinat…
Noam Chomsky :
La campagne de drones – c’est exactement cela. Sur de grandes parties du monde, les Etats-Unis, publiquement, ouvertement – il n’y a rien de secret dans ce que je dis, nous le savons tous – réalisent une campagne d’assassinat de personnes suspectées de nuire un jour au gouvernement américain. Et en effet c’est, comme vous l’avez dit, une campagne de terreur, et quand vous bombardez un village au Yémen, par exemple, que vous tuez quelqu’un – peut-être la personne que vous visiez, peut-être pas – et que d’autres personnes qui se trouvaient dans le quartier meurent elles-aussi – comment pensez-vous que les gens vont réagir ? Ils vont se venger .
La campagne de drones – c’est exactement cela. Sur de grandes parties du monde, les Etats-Unis, publiquement, ouvertement – il n’y a rien de secret dans ce que je dis, nous le savons tous – réalisent une campagne d’assassinat de personnes suspectées de nuire un jour au gouvernement américain. Et en effet c’est, comme vous l’avez dit, une campagne de terreur, et quand vous bombardez un village au Yémen, par exemple, que vous tuez quelqu’un – peut-être la personne que vous visiez, peut-être pas – et que d’autres personnes qui se trouvaient dans le quartier meurent elles-aussi – comment pensez-vous que les gens vont réagir ? Ils vont se venger .
Isabelle Kumar, euronews :
Vous décrivez les États-Unis comme le principal Etat terroriste. Comment se place l’Europe alors selon vous?
Vous décrivez les États-Unis comme le principal Etat terroriste. Comment se place l’Europe alors selon vous?
Noam Chomsky :
Eh bien, c’est une question intéressante. Une étude récente, je crois qu’elle a été faite par la Fondation Open Society [indique que] la pire forme de torture, c’est le transfert de prisonniers.
Vous prenez quelqu’un que vous pensez être responsable de quelque chose, et vous les envoyez à votre dictateur favori, peut-être Assad ou Kadhafi ou Moubarak, pour qu’il soit torturé, en espérant que peut-être quelque chose va en sortir. C’est extraordinaire ce transfert. L‘étude s’est penchée sur les pays qui ont participé, bien évidemment les dictatures du Moyen-Orient, car c’est là que les prisonniers ont été envoyés pour être torturés, et l’ Europe. La plupart des pays européens ont participé : l’Angleterre, la Suède, d’autres pays. En fait, il y a une seule région du monde où personne n’a participé : c’est l’Amérique latine. Ce qui est assez dramatique. L’Amérique latine est maintenant à peu près hors de contrôle des États-Unis. Quand elle était contrôlée par les Etats-Unis, il n’y a pas si longtemps, c‘était le centre du monde de la torture. Maintenant, l’Amérique latine ne participe pas à la pire forme de torture qui soit. L’Europe a participé. Quand les maîtres rugissent, les serviteurs se couchent.
Eh bien, c’est une question intéressante. Une étude récente, je crois qu’elle a été faite par la Fondation Open Society [indique que] la pire forme de torture, c’est le transfert de prisonniers.
Vous prenez quelqu’un que vous pensez être responsable de quelque chose, et vous les envoyez à votre dictateur favori, peut-être Assad ou Kadhafi ou Moubarak, pour qu’il soit torturé, en espérant que peut-être quelque chose va en sortir. C’est extraordinaire ce transfert. L‘étude s’est penchée sur les pays qui ont participé, bien évidemment les dictatures du Moyen-Orient, car c’est là que les prisonniers ont été envoyés pour être torturés, et l’ Europe. La plupart des pays européens ont participé : l’Angleterre, la Suède, d’autres pays. En fait, il y a une seule région du monde où personne n’a participé : c’est l’Amérique latine. Ce qui est assez dramatique. L’Amérique latine est maintenant à peu près hors de contrôle des États-Unis. Quand elle était contrôlée par les Etats-Unis, il n’y a pas si longtemps, c‘était le centre du monde de la torture. Maintenant, l’Amérique latine ne participe pas à la pire forme de torture qui soit. L’Europe a participé. Quand les maîtres rugissent, les serviteurs se couchent.
Isabelle Kumar, euronews :
L’Europe est la servante des Etats-Unis ?
L’Europe est la servante des Etats-Unis ?
Noam Chomsky :
Certainement. Ils sont trop lâches pour adopter une position indépendante.
Certainement. Ils sont trop lâches pour adopter une position indépendante.
Isabelle Kumar, euronews :
Quel portrait faites-vous de Vladimir Poutine ? Il est décrit comme l’une des plus grandes menaces pour la sécurité, non ?
Quel portrait faites-vous de Vladimir Poutine ? Il est décrit comme l’une des plus grandes menaces pour la sécurité, non ?
Noam Chomsky :
Comme la plupart des dirigeants, il est une menace pour sa propre population. Il a décidé des actions illégales, évidemment. Mais le décrire comme un monstre fou qui souffre d’une maladie du cerveau et qui est atteint d’Alzheimer, une créature maléfique, c’est un standard de fanatisme orwellien. Je veux dire, quoi que vous pensiez de ses politiques, elles restent logiques. L’idée que l’Ukraine puisse rejoindre une alliance militaire occidentale serait inacceptable pour tout dirigeant russe. Cela remonte à 1990, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. Il y avait déjà la question de ce qui se passerait avec l’OTAN. Gorbatchev a accepté l’idée que l’Allemagne soit unifiée et rejoigne l’OTAN. C‘était une concession assez remarquable avec un quiproquo : que l’OTAN ne s‘étende pas d’un pouce vers l’est. C’est l’expression qui a été utilisée.
Comme la plupart des dirigeants, il est une menace pour sa propre population. Il a décidé des actions illégales, évidemment. Mais le décrire comme un monstre fou qui souffre d’une maladie du cerveau et qui est atteint d’Alzheimer, une créature maléfique, c’est un standard de fanatisme orwellien. Je veux dire, quoi que vous pensiez de ses politiques, elles restent logiques. L’idée que l’Ukraine puisse rejoindre une alliance militaire occidentale serait inacceptable pour tout dirigeant russe. Cela remonte à 1990, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. Il y avait déjà la question de ce qui se passerait avec l’OTAN. Gorbatchev a accepté l’idée que l’Allemagne soit unifiée et rejoigne l’OTAN. C‘était une concession assez remarquable avec un quiproquo : que l’OTAN ne s‘étende pas d’un pouce vers l’est. C’est l’expression qui a été utilisée.
Isabelle Kumar, euronews :
Donc, la Russie est tombée dans une provocation ?
Donc, la Russie est tombée dans une provocation ?
Noam Chomsky :
Qu’est-ce qui est arrivé ? L’OTAN s’est déplacé jusqu’en Allemagne de l’Est, puis Clinton a étendu la prépondérance de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Maintenant, le nouveau gouvernement ukrainien, après le renversement du précédent, a voté à 300 voix contre 8 ou presque, la résolution pour rejoindre l’OTAN.
Qu’est-ce qui est arrivé ? L’OTAN s’est déplacé jusqu’en Allemagne de l’Est, puis Clinton a étendu la prépondérance de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Maintenant, le nouveau gouvernement ukrainien, après le renversement du précédent, a voté à 300 voix contre 8 ou presque, la résolution pour rejoindre l’OTAN.
Isabelle Kumar, euronews :
Mais vous pouvez comprendre pourquoi ils veulent adhérer à l’OTAN, vous pouvez comprendre que pour le gouvernement de Petro Porochenko, ce serait assurer la protection de leur pays ?
Mais vous pouvez comprendre pourquoi ils veulent adhérer à l’OTAN, vous pouvez comprendre que pour le gouvernement de Petro Porochenko, ce serait assurer la protection de leur pays ?
Noam Chomsky :
Non, non, non, ce n’est pas une protection. La Crimée a été prise après le renversement du gouvernement, n’est-ce pas ? Personne ne protège l’Ukraine. Tout cela menace l’Ukraine d’une guerre majeure. Vouloir rejoindre l’OTAN n’est pas une protection. Le fait est que cela représente une menace stratégique sérieuse pour la Russie, quel que soit son dirigeant, c’est bien connu.
Non, non, non, ce n’est pas une protection. La Crimée a été prise après le renversement du gouvernement, n’est-ce pas ? Personne ne protège l’Ukraine. Tout cela menace l’Ukraine d’une guerre majeure. Vouloir rejoindre l’OTAN n’est pas une protection. Le fait est que cela représente une menace stratégique sérieuse pour la Russie, quel que soit son dirigeant, c’est bien connu.
Isabelle Kumar, euronews :
Si nous regardons la situation en Europe maintenant, il y a aussi un autre phénomène intéressant qui se déroule. Nous voyons la Grèce se rapprocher de l’Est, c’est en tout cas le souhait du gouvernement Syriza. Nous voyons aussi Podemos, qui est en train de gagner du pouvoir en Espagne, ainsi qu’en Hongrie. Pensez-vous qu’il y a une possibilité que l’Europe se rapproche des intérêts russes ?
Si nous regardons la situation en Europe maintenant, il y a aussi un autre phénomène intéressant qui se déroule. Nous voyons la Grèce se rapprocher de l’Est, c’est en tout cas le souhait du gouvernement Syriza. Nous voyons aussi Podemos, qui est en train de gagner du pouvoir en Espagne, ainsi qu’en Hongrie. Pensez-vous qu’il y a une possibilité que l’Europe se rapproche des intérêts russes ?
Noam Chomsky :
Jetez un œil à ce qu’il se passe. En Hongrie la situation est totalement différente. Syriza est arrivé au pouvoir sur la base d’une vague populaire qui montre que la Grèce ne veut plus se soumettre aux politiques de Bruxelles et aux banques allemandes qui détruisent le pays. Ces politiques ont été faites pour augmenter la dette de la Grèce, par rapport à sa production de richesse ; environ la moitié des jeunes sont au chômage, presque 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, on détruit la Grèce.
Jetez un œil à ce qu’il se passe. En Hongrie la situation est totalement différente. Syriza est arrivé au pouvoir sur la base d’une vague populaire qui montre que la Grèce ne veut plus se soumettre aux politiques de Bruxelles et aux banques allemandes qui détruisent le pays. Ces politiques ont été faites pour augmenter la dette de la Grèce, par rapport à sa production de richesse ; environ la moitié des jeunes sont au chômage, presque 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, on détruit la Grèce.
Isabelle Kumar, euronews :
Faut-il annuler la dette grecque ?
Faut-il annuler la dette grecque ?
Noam Chomsky :
Oui, comme en Allemagne. En 1953, quand l’Europe a annulé la plupart de la dette de l’Allemagne. Juste comme ça, pour que l’Allemagne soit en mesure de rembourser les dommages de guerre.
Oui, comme en Allemagne. En 1953, quand l’Europe a annulé la plupart de la dette de l’Allemagne. Juste comme ça, pour que l’Allemagne soit en mesure de rembourser les dommages de guerre.
Isabelle Kumar, euronews :
Donc, on devrait aussi annuler la dette du Portugal ? Et de l’Espagne aussi ?
Donc, on devrait aussi annuler la dette du Portugal ? Et de l’Espagne aussi ?
Noam Chomsky :
Qui a engagé cette dette ? Et à qui doit-on la rembourser ? La dette a en partie été contractée par des dictateurs. En Grèce, c‘était la dictature fasciste, soutenue par les États-Unis. La dette, je pense, était plus brutale que la dictature. C’est ce que l’on appelle en droit international, une « dette odieuse », qui ne doit pas être payée, et c’est un principe introduit dans le droit international par les Etats-Unis, quand il était dans leur intérêt de le faire. Une grande partie du reste de la dette, ce qu’on appelle les paiements à la Grèce sont des paiements aux banques, allemandes et françaises, qui ont décidé de faire des prêts très risqués avec de faibles taux d’intérêt, et qui sont maintenant confrontées au fait qu’ils ne peuvent être remboursés.
Qui a engagé cette dette ? Et à qui doit-on la rembourser ? La dette a en partie été contractée par des dictateurs. En Grèce, c‘était la dictature fasciste, soutenue par les États-Unis. La dette, je pense, était plus brutale que la dictature. C’est ce que l’on appelle en droit international, une « dette odieuse », qui ne doit pas être payée, et c’est un principe introduit dans le droit international par les Etats-Unis, quand il était dans leur intérêt de le faire. Une grande partie du reste de la dette, ce qu’on appelle les paiements à la Grèce sont des paiements aux banques, allemandes et françaises, qui ont décidé de faire des prêts très risqués avec de faibles taux d’intérêt, et qui sont maintenant confrontées au fait qu’ils ne peuvent être remboursés.
Isabelle Kumar, euronews :
Je vais maintenant vous poser la question de Gil Gribaudo qui demande : “Comment l’Europe va t-elle se transformer dans le futur, avec les défis existentiels qui arrivent ?” Parce qu’il y a la crise économique, et il y a aussi une montée du nationalisme, et vous avez également décrit certaines lignes de failles culturelles qui ont été créées à travers l’Europe. Comment voyez-vous l’Europe se transformer ?
Noam Chomsky :
L’Europe a de graves problèmes. Certains sont le résultat de politiques économiques conçues par les bureaucrates de Bruxelles, la Commission européenne et ainsi de suite, sous la pression de l’OTAN et les grandes banques, surtout celles de l’Allemagne. Ces politiques ont un certain sens du point de vue des concepteurs. Ils veulent être remboursés pour leurs prêts et leurs investissements risqués et dangereux. Ces politiques érodent l’Etat-Providence, qu’ils n’ont jamais aimé. L’Etat-Providence est l’une de ces contributions majeures de l’Europe à la société moderne, mais les riches et puissants ne l’ont jamais aimé.
Il y a un autre problème en Europe : cette dernière est extrêmement raciste. J’ai toujours pensé que l’Europe est plus raciste que les États-Unis. Jusqu’ici ce n‘était pas aussi visible en Europe parce que les populations européennes dans le passé ont eu tendance à être assez homogènes. Donc, si tout le monde est blond aux yeux bleus, alors vous ne semblez pas raciste, mais dès que la population commence à changer, le racisme vient de nulle part. Très vite. Et c’est un problème culturel très grave en Europe.
Je vais maintenant vous poser la question de Gil Gribaudo qui demande : “Comment l’Europe va t-elle se transformer dans le futur, avec les défis existentiels qui arrivent ?” Parce qu’il y a la crise économique, et il y a aussi une montée du nationalisme, et vous avez également décrit certaines lignes de failles culturelles qui ont été créées à travers l’Europe. Comment voyez-vous l’Europe se transformer ?
Noam Chomsky :
L’Europe a de graves problèmes. Certains sont le résultat de politiques économiques conçues par les bureaucrates de Bruxelles, la Commission européenne et ainsi de suite, sous la pression de l’OTAN et les grandes banques, surtout celles de l’Allemagne. Ces politiques ont un certain sens du point de vue des concepteurs. Ils veulent être remboursés pour leurs prêts et leurs investissements risqués et dangereux. Ces politiques érodent l’Etat-Providence, qu’ils n’ont jamais aimé. L’Etat-Providence est l’une de ces contributions majeures de l’Europe à la société moderne, mais les riches et puissants ne l’ont jamais aimé.
Il y a un autre problème en Europe : cette dernière est extrêmement raciste. J’ai toujours pensé que l’Europe est plus raciste que les États-Unis. Jusqu’ici ce n‘était pas aussi visible en Europe parce que les populations européennes dans le passé ont eu tendance à être assez homogènes. Donc, si tout le monde est blond aux yeux bleus, alors vous ne semblez pas raciste, mais dès que la population commence à changer, le racisme vient de nulle part. Très vite. Et c’est un problème culturel très grave en Europe.
Isabelle Kumar, euronews :
J’aimerais terminer avec une question de Robert Lumière sur une note plus positive. Il demande: “Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?”
J’aimerais terminer avec une question de Robert Lumière sur une note plus positive. Il demande: “Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?”
Noam Chomsky :
Ce qui me donne de l’espoir : un certain nombre de choses dont nous avons parlé. L’indépendance de l’Amérique latine par exemple. C’est d’une importance historique. Nous le voyons avec la réunion du Sommet des Amériques à Panama. Dans les dernières réunions continentales, les États-Unis ont été complètement isolés. C’est un changement radical par rapport à il y a 10 ou 20 ans, lorsque les États- Unis trempaient dans les affaires latino-américaines. En fait, la raison pour laquelle Obama a fait ses gestes envers Cuba était d’essayer de surmonter l’isolement des États-Unis. Ce sont les États-Unis qui sont isolés, pas Cuba. Et sans doute ce sera un échec. On verra. Les signes d’optimisme en Europe sont Syriza et Podemos. Espérons qu’il y ait enfin un soulèvement populaire contre les écrasements, les politiques économiques et sociales destructrices qui viennent de la bureaucratie et des banques, et c’est très encourageant. Ou ça devrait l‘être.
Ce qui me donne de l’espoir : un certain nombre de choses dont nous avons parlé. L’indépendance de l’Amérique latine par exemple. C’est d’une importance historique. Nous le voyons avec la réunion du Sommet des Amériques à Panama. Dans les dernières réunions continentales, les États-Unis ont été complètement isolés. C’est un changement radical par rapport à il y a 10 ou 20 ans, lorsque les États- Unis trempaient dans les affaires latino-américaines. En fait, la raison pour laquelle Obama a fait ses gestes envers Cuba était d’essayer de surmonter l’isolement des États-Unis. Ce sont les États-Unis qui sont isolés, pas Cuba. Et sans doute ce sera un échec. On verra. Les signes d’optimisme en Europe sont Syriza et Podemos. Espérons qu’il y ait enfin un soulèvement populaire contre les écrasements, les politiques économiques et sociales destructrices qui viennent de la bureaucratie et des banques, et c’est très encourageant. Ou ça devrait l‘être.
Isabelle Kumar, euronews :
Noam Chomsky, merci beaucoup d’avoir été avec nous.
Noam Chomsky, merci beaucoup d’avoir été avec nous.
Noam Chomsky : une vie de militant
- Noam Chomsky est né le 7 Décembre 1928 à Philadelphie, Etats-Unis
- Il a commencé à travailler à l’Institut de Technologie du Massachusetts en 1955
- Il est un éminent linguiste, philosophe et militant politique
- Son travail dans les années 50 a révolutionné le domaine de la linguistique
- Il se fait connaître pour son activisme contre la guerre du Vietnam
- Il s’oppose aux élites dirigeantes et est devenu une critique acerbe de la politique étrangère américaine et occidentale
- Il a écrit des centaines de livres
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