Pages

dimanche 13 septembre 2015

Laïcité éclairée versus populisme ...

« Je ne mets pas la laïcité dans les assiettes des enfants » François Bayrou



Cher(e)s ami(e)s,

Tous les restaurants scolaires de l’agglomération paloise proposent désormais un menu végétarien. Pourquoi des menus végétariens ? Parce que cela respecte les préférences, les choix - qui parfois sont des choix de prescriptions religieuses et parfois alimentaires – sans séparer les gens en catégories religieuses. Pendant des années, des familles catholiques souhaitaient que leurs enfants ne mangent pas de viande le vendredi. C’est la raison pour laquelle il y avait du poisson dans les cantines. Est-ce que cela aurait été laïc d’obliger les enfants à manger de la viande à l’encontre des convictions de leur famille ? Evidemment ce n’est pas cela la laïcité. 

La laïcité est une manière de vivre ensemble qui repose sur la tolérance, l’égale acceptation des religions, dont aucune ne peut être imposée à quiconque. La laïcité n’est pas contre la religion puisqu’elle garantit la liberté de croyance à tous. Aucun d’entre nous ne souhaite et en tout cas pas moi, qu’il y ait du communautarisme avec des menus adaptés à toutes les religions. Je n’aime pas cette idée de diviser les élèves en familles d’origines ethniques ou religieuses. Le menu végétarien ne correspond pas à une famille religieuse, il convient à tout le monde. Il peut-être préféré pour des raisons alimentaires et diététiques, ou pour d’autres raisons. Plutôt que la division, je préfère le respect. Les écoliers peuvent désormais choisir le menu standard, le menu végétarien à l’année ou le menu végétarien ponctuel. Ceux qui ne mangeront pas de viande trouveront des œufs, du poisson, du quinoa, du soja…

Il y a également une forte dimension écologique dans ce choix. L’idée de rompre avec l’habitude de la viande tous les jours et à tous les repas fait aussi son chemin. Je vous l’ai déjà dit, je suis persuadé que l’humanité va devoir aller davantage vers une alimentation végétarienne, car c’est le meilleur moyen de répondre à nos besoins alimentaires futurs avec les surfaces cultivables dont nous pouvons disposer. Le menu végétarien évitera également beaucoup de gaspillage parce que jusqu’à présent, dans de nombreuses écoles, une partie de la viande partait à la poubelle. 

L’initiative a été saluée par les parents et les élèves que j’ai rencontrés lors de la rentrée. Ils y ont vu, au-delà de la diversification des choix, une manière positive de promouvoir la vie ensemble. 

Amitiés,

François Bayrou
Pau, le 12 septembre 2015

mercredi 9 septembre 2015

Quand une journaliste cameraman frappe des enfants !

Petra Laszo, journaliste a frappé plusieurs migrants dont des enfants ce mardi en Hongrie, près de la frontière avec la Serbie


Abject, lâche, laid, ignoble, hideux, innommable, odieux, honteux, atroce, abominable, épouvantable, dégout sont les mots qui viennent à l'esprit pour qualifier le comportement de cette femme caméraman de la chaine de télévision hongroise NTV1 proche du parti d'extrême-droite hongrois Jobbik.








Depuis hier soir, l'indignation a traversé les frontières hongroises et se manifeste partout en Europe sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, un "mur de la honte" a été érigé pour lui "rendre hommage".


vendredi 4 septembre 2015

Contre ces intellectuels apôtres d'une France moisie ...


Il n'y a pas qu'Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut. Le paysage intellectuel français est aujourd'hui dominé par quelques figures qui attisent les peurs, vantant une France fermée, conservatrice, machine à exclure toutes les différences et indifférente aux nouvelles questions sociales.


Invités :
  • Arlette Farge, historienne, directrice de recherche au CNRS. Parmi ses récentes publications : Le Peuple et les choses.
  • Jean-Pierre Filiu, historien et spécialiste de l'Islam contemporain. Il publie Les Arabes, leur destin et le nôtre.
  • Sudhir Hazareesingh, historien et professeur à Oxford. Il publie Ce pays qui aime les idées : histoire d'une passion française (le titre en version originale : How the French Think : An affectionate Portrait of an Intellectuel People).
  • Edwy Plenel, Mediapart.

dimanche 30 août 2015

En Allemagne les fans de football soulèvent des banderoles de bienvenue aux réfugiés

L'Allemagne a décidé de permettre à tous les réfugiés syriens qui arrivent de rester dans le pays.





L'Allemagne première économie d'Europe est mise sous pression par l'afflux de quelques 800.000 demandeurs d'asile cette année. 

Angela Merkel la Chancelière allemande s'est indignée de la montée de violence anti-réfugiés dans certaines régions du pays. Elle a annoncé que l'Allemagne après la Turquie et la Suède permettrait désormais à tous les réfugiés syriens qui arrivent de rester dans le pays.

Samedi les fans de football refusant ces violences ont réagit à leur manière en déroulant des banderoles de bienvenue aux réfugiés dans de nombreux stades à travers le pays. 




samedi 8 août 2015

Tel-Aviv à Paris Plage ? Lettre ouverte de l’AFPS à Mme Anne Hidalgo, maire de Paris

Lettre ouverte de l’AFPS à Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, samedi 8 août 2015
Madame la maire, C’est avec incrédulité que nous avons appris l’opération « Tel-Aviv sur Seine » programmée le 13 août dans le cadre de Paris-plage.
Il ne faudrait y voir, dans la suite de votre voyage en mai dernier, aucune signification politique, mais simplement un sympathique exemple de coopération entre deux villes. L’occasion offerte aux Parisiens de « profiter de la plage et de la douceur de Tel-Aviv », de son ambiance festive et, pourquoi pas, de gagner des produits de la mer Morte…

Mais il y a un hic, Madame la maire. Tel Aviv n’est pas Copacabana et il n’est pas possible de faire comme si cela intervenait hors de tout contexte politique. Nous sommes précisément à un moment extrêmement dangereux : celui de la fuite en avant du gouvernement israélien le plus extrémiste de l’histoire, déterminé à développer la colonisation et à faire obstacle à toute solution politique fondée sur le droit.

Alors que le carnage de l’été dernier reste dans toutes les mémoires et que se poursuit le blocus de Gaza, alors que les snipers de l’armée ont carte blanche face aux manifestants palestiniens en Cisjordanie et que les colons fanatiques ont dévoilé jusqu’où va leur idéologie criminelle et raciste, il est urgent pour les dirigeants israéliens de tenter de détourner les regards de ces faits qui chaque jour les accusent.

Il leur faut faire diversion et c’est précisément le cas avec cette opération de communication au goût amer, qui est une bien étrange façon de faire écho aux massacres de l’été dernier.

Comment évoquer la douceur de Tel-Aviv sans avoir à l’esprit le fait que les Palestiniens de Cisjordanie n’ont pas accès aux plages de Gaza ? Que sur ces dernières plane toujours la menace des drones et qu’on peut au loin deviner les bâtiments de la marine de guerre israélienne en charge du blocus.

Comment permettre de distribuer des produits de la mer Morte, elle-même interdite aux Palestiniens, en oubliant que pour l’essentiel ces produits proviennent des colonies de la vallée du Jourdain ?

Madame la maire, nous ne sommes pas dupes de l’objectif recherché par les diverses agences de communication mobilisées pour tenter de redorer le blason d’un Etat qui tourne aujourd’hui le dos à la paix. Nous sommes consternés par la facilité avec laquelle la ville de Paris semble avoir accepté de s’y prêter et osons attendre de vous une déprogrammation de l’événement.

Je vous prie de croire, Madame la maire, en toute ma considération.

Le Président de l'Association France Palestine Solidarité


jeudi 6 août 2015

La véritable histoire d'Hiroshima - Arte

Soixante-dix ans après la déflagration d'Hiroshima, une enquête de grande ampleur replace la vérité historique aux avant-postes et révèle d’étonnants témoignages. Un regard neuf sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

Les noms sont entrés dans la mémoire collective, et ils résonnent encore de manière macabre. Le projet atomique américain s’appelait "Manhattan Project", la bombe "Little Boy", et l’avion qui a ouvert sa soute "Enola Gay". Le 6 août 1945, sur ordre du président Truman, un bombardier B-29 largue sur Hiroshima la première arme nucléaire jamais utilisée lors d’une guerre. "Il y eut un anneau de feu rouge et aveuglant. Je ne devrais pas le dire, mais c’était magnifique", dit aujourd’hui un des survivants. "L’aube d’une ère nouvelle", assurent certains scientifiques. 80 000 Japonais paient sur le champ ce basculement de l’histoire de l’humanité. Si, bien entendu, les suites immédiates et dantesques de l’explosion sont l’épicentre du documentaire, elles n’en constituent pas l’unique objet. Grâce à la révélation d’étonnants secrets, Hiroshima, la véritable histoire dissipe les écrans de fumée qui ont détourné le monde de la réalité des faits.

Test grandeur nature
Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Little Boy était-elle un "mal nécessaire" pour forcer les Japonais à capituler ? Hiroshima démontre que le pays de l’empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier. Les objectifs de Truman étaient autres : tester in vivo l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement. Même duplicité après la seconde explosion atomique (Nagasaki, le 9 août) : les Américains font des études scientifiques mais ne soignent personne. Le quotidien des irradiés est occulté : considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l’emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains. Dans le même temps, aux États-Unis, une propagande gouvernementale massive tente de rendre populaire le recours au nucléaire. Bénéficiant d’images d’archives inédites et de documents confidentiels, le film de Lucy van Beek met en avant de nombreux  témoignages, notamment  japonais (experts, agents secrets, survivants). Les souvenirs et les histoires individuelles qu’ils esquissent aboutissent tous au même constat : les ondes de choc d’Hiroshima n’ont pas encore disparu.





samedi 18 juillet 2015

Mort du journaliste engagé Jean Lacouture

L'écrivain est mort jeudi 16 juillet à l'âge de 94 ans. Partisan ardent de la décolonisation, amoureux de l'histoire et de ceux qui la font, il a consacré des biographies monumentales aux grands personnages du XXe siècle


Jean Lacouture - Journaliste et historien (1921-2015)


Né en 1921 à Bordeaux, Jean Lacouture a fait ses études secondaires dans cette ville, chez les jésuites, et ses études supérieures (licence de droit et de lettres) à Paris où il obtient un diplôme de sciences politiques. À la fin de la guerre, il est attaché de presse du Général Leclerc.

Jean Lacouture a commencé sa carrière à Combat en 1950 comme rédacteur diplomatique, puis au Monde en 1951. En 1953, il est correspondant de France soir au Caire. Jean Lacouture est de retour au Monde en 1957 où il devient chef du service outre-mer, puis grand reporter jusqu’en 1975.

Homme de gauche, Jean Lacouture a soutenu tous les mouvements de décolonisation et la gauche au pouvoir en France à partir de 1981. Il travaille ensuite pour le Nouvel Observateur, puis L'Histoire… Il a ramené des reportages et des analyses sur le Vietnam, l'Égypte, l'Algérie, le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, etc.

Parallèlement, Jean Lacouture a été directeur de collection au Seuil de 1961 à 1982 et professeur à l’IEP de Paris entre 1969 et 1972. Il est surtout connu pour son œuvre de biographe : Hô Chi Minh, Nasser, Blum, De Gaulle, Mauriac, Mendès-France, Mitterrand, Montesquieu, Montaigne, Malraux, Germaine Tillion, Champollion, Rivière…




samedi 11 juillet 2015

Vingtième anniversaire du massacre de Srebrenica

Survenu en juillet 1995, le génocide de Srebrenica, selon les termes de la justice internationale, a coûté la vie à quelque 8000 musulmans bosniaques, le massacre le plus sanglant commis en Europe depuis la seconde guerre mondiale

 

Le récit du génocide


En mai 1995, le Conseil de sécurité décide de ne pas renforcer la défense de Srebrenica face aux menaces de prise de la ville par les forces Serbes. D'une part, la protection de petits paysans et d'ouvriers, de surcroît musulmans, est jugée comme trop coûteuse. D'autre part, il est très probable que les grandes puisssances ont donné leur feu vert en 1991 déjà pour l'exécution du plan de partage de la Bosnie-Herzégovine concocté par Milosevic, avec l'assentiment de Tudjmann, le président Croate. La meilleure preuve en est que malgré le génocide et sa triple reconnaissance, la région de Srebrenica et tout l'est de la Bosnie (à l'exception de Gorazde qui a résisté) a été donné comme convenu en 1991 à la "République Serbe de Bosnie" lors des "Accords de Dayton". Il n'est pas vrai (c'est un classique de la propagande Serbe) que "l'armée" de Naser Oric aurait quitté Srebrenica quelques temps avant la prise de Srebrenica. Seul Naser Oric et quelques officiers ont quitté Srebrenica, appelés à Tuzla pour un cours de formation.

Le 11 juillet, seuls quelques centaines d'hommes ont accompagné leurs familles à Potocari, où ils ont été capturés au cours des jours suivants par les sbires de Mladic et exécutés, tout comme une centaine de femmes et d'enfants.

Le 13 juillet, la grande majorité des femmes, enfants et vieillards ont été amenés en autocars vers la ligne de front vers Kladanj, traversé après quelques kilomètres à pied. Le soir du 11 juillet, 14.000 hommes, dont  environ 2000 sont armés (en majorité de fusils de chasse) se réunissent à la limite nord de la "zone de sécurité" et se mettent en marche.

Le 12 juillet, plusieurs milliers d'hommes sont tués et blessés par des salves d'obus et mitraillages. Les survivants, dispersés, perdent le contact avec la tête de la colonne, quelques 4500 hommes qui arrivent à rejoindre le Mont Udric (à mi-parcours de ce trajet de fuite de 104 km.).

Dès le 12 aussi, mais surtout le 13 juillet, les survivants de l'arrière sont victimes d'armes expérimentales de type LSD, qui bien que non-létales, a facilité leur capture. C'est ainsi que plusieurs milliers de prisonniers, quasi tous des civils, sont conduits à Kravica et Nova Kasaba et exécutés en masse par des milices spéciales aux ordres de Belgrade et notamment de Jovan Stanisic. chef des services secrets Serbes et agent de la CIA... Ce Jovan Stanisic accompagnait Milosevic à Dayton pour achever le dépeçage de la Bosnie en deux "entités"...

La volonté de génocide s'est vérifiée jusqu'au bout, puisque le commandement Serbe a refusé de laisser passer la colonne des quelques 4600 survivants qui sont arrivés le 17 juillet en vue du territoire libre vers Nezuk, après avoir réussi à capturer un officier Serbe qui a été d'accord pour négocier la sortie de ces hommes externués. Plusieurs centaines d'hommes ont ainsi été tués dans une ultime bataille, qui a permis aux 4200 survivants de franchir les trois lignes Serbes et de rejoindre Nezuk où ils ont été accueillis par les habitants et Naser Oric qui a contribué avec 200 volontaires arrivés de Tuzla à forcer la première ligne Serbe.

La question que l'on peut se poser est pourquoi c'est Naser Oric et non pas l'Armée Bosniaque  en tant que telle ? Il y a des points à éclaircir. Ceci dit, Naser Oric n'est magré son rôle libérateur pas exempt de côtés problématiques.

Environ 2000 hommes, tous des civils, ont réussi à franchir les lignes Serbes, par petits groupes, au cours des semaines et mois suivants. En effet, suite à la bataille finale du 17 juillet qui a permis le passage de la ligne de front sous Nezuk d'environ 4000 hommes qui ont réussi de rester en colonne, les forces Serbes ont resoudés leurs lignes, empêchant les petits groupes qui sont arrivés après de passer. Ceux-ci ont donc reflué vers l'intérieur, se cachant dans les forêts et montagnes, harcellés par des militaires Serbes qui utilisaient des chiens pour les débusquer. Ces hommes ont donc vécu durant des semaines ou même durant des mois en se cachant le jour et cherchant de la nourriture durant la nuit, jusque dans les hauteurs de Srebrenica, où ils trouvaient notamment des légumes. Des groupes ont même réussi à se préparer de la viande grillée de vache.

Après cinq jours de massacre, les corps sont enterrés dans trois ou quatre immenses charniers. Mais Ratko Mladic réalise qu'il serait catastrophique pour lui si l'ONU venait à découvrir ces charniers. Alors il les fait rouvrir au tractopelle afin d'éparpiller les milliers de corps dans des charniers plus nombreux et plus distants. Mais la communauté internationale apprend très rapidement l'ampleur du carnage, et cet événement marquera en effet la fin de l'offensive serbe, puisque l'OTAN prendra le relais de l'ONU.

Ivar Petterson  
Président de l'assocation Solidarité Bosnie-Genève

jeudi 9 juillet 2015

Le discours du Premier Ministre grec Alexis Tsipras sur la situation de la Grèce au Parlement européen

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, était devant le Parlement européen ce mercredi (8 juillet), pour informer sur la situation grecque.

Premier ministre grec, Alexis Tsipras: écouter (traduction en Français – source : PE)



Sources Bruxeles2

mardi 7 juillet 2015

Combien coûtent les violences liées aux armes à feu aux Etats-Unis ?

Au total, 11.000 personnes sont victimes, chaque année aux Etats-Unis, d’homicides par arme à feu. Mais une question est rarement posée : quel est le coût économique de ce gâchis ?



vendredi 3 juillet 2015

La lettre de demande d'asile de Julian Assange à la France

Par Julian Assange

Monsieur le président de la République, j’ai l’honneur de vous écrire et, à travers vous, de m’adresser au peuple français.

Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Townsville, en Australie. Je suis un journaliste poursuivi et menacé de mort par les autorités états-uniennes du fait de mes activités professionnelles. Je n’ai jamais été formellement accusé d’un délit ou d’un crime de droit commun, nulle part dans le monde, y compris en Suède ou au Royaume-Uni.

Je suis le fondateur de WikiLeaks.

En avril 2010, je décide de publier une vidéo intitulée « Collateral murder ». Celle-ci montre le massacre de plusieurs civils, dont deux employés de Reuters, et les graves blessures de plusieurs enfants par des soldats états-uniens en Irak. Les images, filmées depuis un hélicoptère, sont difficilement soutenables. Elles s’accompagnent des rires et des commentaires sarcastiques de ceux qui sont en train de commettre ces crimes. Elles font le tour du monde et révèlent brutalement l’inhumanité d’une guerre qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes.

Dès le lendemain, à travers des menaces de mort précises et ciblées, une persécution politique d’une ampleur inédite est lancée contre moi et les principaux employés de WikiLeaks. Elle n’a, depuis, jamais cessé. L’énumération des actions menées contre mon organisation, mes proches et moi-même ne permet pas d’en saisir toute la violence, mais peut-être en donne-t-elle une idée : appels à mon exécution, à mon kidnapping, et à mon emprisonnement pour espionnage par de hauts responsables politiques et administratifs états-uniens, vols d’informations, de documents et de biens, attaques informatiques répétées, infiltrations successives, interdiction illégale à l’ensemble des plateformes de paiement de procéder à des dons envers mon organisation, surveillance permanente de mes moindres faits et gestes et de mes communications électroniques, poursuites judiciaires inconsidérées se prolongeant depuis plus de cinq ans sans possibilité de me défendre, campagnes de diffamation, menaces physiques répétées, fouilles et harcèlement de mes avocats, etc.

WikiLeaks, que j’ai fondé en 2006, avait déjà auparavant révélé de nombreux scandales majeurs de corruption, de violations des droits fondamentaux, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Nous avions pour cela reçu notamment un prix d’Amnesty international et des dizaines d’autres prix journalistiques d’autres organisations prestigieuses, dont cinq nominations successives au prix Nobel de la paix et, plus récemment, cinq nominations au prix Mandela des Nations unies (ONU), créé cette année.

Pourtant, cette vidéo a marqué un avant et un après dans ma vie, mais aussi dans celle de tous ceux qui s’y sont impliqués. Un citoyen français notamment, Jérémie Zimmermann, remercié dans le générique de la vidéo, a fait l’objet de menaces de la part de deux agents du FBI dans le but d’en faire un infiltré, et n’a jamais pu revenir sur le territoire américain malgré ses besoins professionnels. Il en est allé de même pour d’autres journalistes qui, malgré leur nationalité états-unienne, n’ont plus jamais pu revenir sur leur propre territoire pour retrouver leurs proches, et font l’objet depuis de poursuites judiciaires pour espionnage. Jacob Appelbaum, pour s’être présenté comme un défenseur de Wikileaks, a fait l’objet de toute une série de violences et d’intimidations, notamment à son domicile, où sont entrés un jour en pleine nuit des hommes masqués et menaçants, laissant sa compagne durablement marquée.

Au pic de cette campagne, plus de 120 employés étaient chargés, au sein de la dite « WikiLeaks War Room » du Pentagone américain, de coordonner cette offensive contre moi et mon organisation. Les preuves ont été depuis apportées qu’un grand jury secret, portant notamment des accusations d’espionnage à mon encontre, a été formé en 2010, et n’a jamais cessé d’agir depuis.

L’ampleur de ce dispositif n’aurait guère pu être imaginée par un esprit paranoïaque. Une douzaine d’agences états-uniennes y participent officiellement, incluant le Pentagone, la Defence Intelligence Agency, la CIA, le FBI, l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), le ministère de la justice et le département d’État. D’autres le font de façon plus secrète, comme cela a été révélé récemment suite à une enquête parlementaire en Islande. Ces persécutions sont pourtant bien réelles. Elles ont été documentées par une infinité d’organisations, fait l’objet de rapports internationaux et de décisions judiciaires, ont été substantiellement admises par les autorités concernées, et souvent même revendiquées. Érigées en véritable politique par le gouvernement états-unien, elles se sont depuis étendues au-delà de mon cas et de WikiLeaks : l’administration Obama a ainsi poursuivi plus de journalistes et de sources lors de ses deux mandats successifs que tous les gouvernements états-uniens précédents réunis.

Pour le simple fait d’avoir publié des informations d’intérêt public que des sources anonymes avaient transmises à WikiLeaks, je suis personnellement poursuivi pour espionnage, conspiration visant à espionner, vol ou compromission de propriété du gouvernement états-unien, violation de la loi sur la fraude informatique, et conspiration générale, risquant pour cela l’emprisonnement à vie ou pire. Les Etats-Unis ont depuis étendu leur enquête pour y inclure l’assistance que j’aurai offerte à M. Snowden pour préserver sa vie et lui faire obtenir l’asile ; et il en est, selon plusieurs sources journalistiques, déjà de même en ce qui concerne les publications des FranceLeaks concernant les écoutes qui vous ont touché, Monsieur le président.

Ces poursuites ont été et continuent d’être menées contre moi parce que j’ai, un jour, décidé de ne pas garder le silence, et de révéler les preuves de commissions de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elles ne m’ont pas fait taire, et j’ai depuis, entre de nombreuses autres publications, documenté précisément la mort de centaine de milliers de civils à travers les Iraq War Logs. Par ces révélations, je montrais notamment, à travers un télégramme diplomatique états-unien, comment une famille irakienne avait été exécutée à bout portant par une patrouille américaine lors d’un contrôle de routine, avant que ce crime contre l’humanité ne soit volontairement « effacé » par une frappe aérienne. Selon le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, ce fut cette affaire qui l’amena à exiger la levée de l’immunité des troupes états-uniennes et, après leur refus, à provoquer in fine le départ de ces soldats.

L’ensemble des publications de WikiLeaks depuis 2006 ont fait l’objet d’une infinité de rapports et de décisions provenant d’organisations internationales et non gouvernementales, de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) aux rapporteurs spéciaux des Nations unies en passant par de nombreux groupes de travail indépendants. Elles ont permis de lever le voile sur des milliers de crimes et sur des pratiques qui auraient autrement été couvertes. Qui seraient autrement restées impunies.

Les persécutions qui s’en sont suivies m’ont forcé à demander l’asile au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, en juin 2012, pour éviter une extradition vers les Etats-Unis qui devenait à chaque heure plus probable. Après deux mois d’étude approfondie, le ministère des affaires étrangères de l’Équateur a considéré que la persécution qui était menée à mon encontre du fait de mes croyances et de mes activités politiques était réelle, et que les risques d’extradition vers les Etats-Unis ainsi que les mauvais traitements qui s’en suivraient étaient majeurs. J’ai depuis reçu la confirmation informelle que les poursuites menées aux Etats-Unis étaient réelles et avaient débouché sur un acte d’accusation formel maintenu pour l’instant sous scellés.

Dénué de l’assistance consulaire et de la protection que me devait mon pays d’origine, l’Australie – où le gouvernement a été sujet à des critiques d’une ampleur inédite suite à sa tentative de me retirer mon passeport en 2010, jusqu’à devoir faire marche arrière et se justifier –, je demeure depuis maintenant trois ans et dix jours au sein de cette ambassade.

J’y dispose de cinq mètres carrés et demi pour mes usages privatifs. L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été interdit par les autorités du Royaume-Uni ; ainsi que toute possibilité de me rendre à un hôpital ; je n’ai pu utiliser le balcon du rez-de-chaussée de l’appartement que trois fois depuis mon refuge, à mes risques et périls, et n’ai jamais été autorisé à sortir pour faire de l’exercice.

L’Equateur, dont la générosité et le courage m’honorent et m’ont probablement sauvé la vie, n’a pour ambassade qu’un appartement utilisé par une dizaine de diplomates et fonctionnaires de support qui ne peuvent renoncer à leur mission. Loin de l’image de luxe généralement associée aux enceintes diplomatiques, il s’agit d’un espace modeste qui n’a pas été pensé pour devenir un lieu de vie. Il m’y a été impossible, depuis trois ans, de maintenir la moindre vie familiale ou intime. Cet espace est en permanence surveillé par plusieurs douzaines de policiers britanniques en uniforme qui vérifient régulièrement les identités de mes visiteurs, ainsi que par un nombre indéterminé d’agents en civil et d’agents de renseignement au sein des bâtiments adjacents. Les dépenses concernant la surveillance civile dont je fais l’objet ont dépassé, officiellement, les quinze millions d’euros. Elles n’incluent pas celles des services secrets.

Mes proches, y compris mes enfants, n’ont pas pu me rendre visite depuis, du fait de cette situation.

Le Royaume-Uni refuse de reconnaître mon asile et de garantir ma non-extradition aux Etats-Unis, violant la convention de 1951, et se refuse par ailleurs à confirmer ou à infirmer la réception d’une demande d’extradition de la part des Etats-Unis d’Amérique. Il en va de même pour le gouvernement suédois qui, à l’ONU, a refusé de garantir ma non-extradition dans le cas où je m’y rendrais. La Suède comme le Royaume-Uni ont annoncé à plusieurs reprises qu’ils demanderaient mon arrestation dès que je sortirai de l’ambassade, ces derniers le réaffirmant « quel que soit le résultat de l’enquête suédoise ».

Cela, alors que je n’ai été formellement accusé d’aucun crime ni délit dans aucun des deux pays.

Depuis quatre ans et demi, soixante organisations internationales ont appelé, depuis l’ONU, à la fin des poursuites en Suède, tandis que le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’institution s’est saisi de la question. Malgré les injonctions de la Cour suprême et du procureur général visant à l’abandon de l’enquête préliminaire – relancée en 2010 après avoir été dans un premier temps abandonnée – aucun acte d’accusation formel à mon encontre ni d’acte d’enquête n’a été mené en cinq ans. L’émission d’un mandat d’arrêt européen avait pour seul objectif de m’interroger en Suède, alors que je m’étais volontairement rendu dans à Stockholm à cette fin, et y était resté cinq semaines consécutives. Je n’avais alors jamais obtenu de réponse à mes demandes répétées de rencontre avec les autorités judiciaires suédoises.

WikiLeaks a été créé avec l’objectif d’enquêter sur les appareils politiques, économiques et administratifs du monde entier pour y apporter de la transparence et s’assurer qu’ils n’échappent pas à un contrôle démocratique et souverain. L’organisation a révélé des millions de documents touchant la quasi-totalité des Etats du monde, sans distinction de régime ou d’idéologie. Elle permet à tout individu qui aurait connaissance de pratiques illégales ou intéressant le bien commun de nous les transmettre en toute sécurité, et de façon parfaitement anonyme. Ces informations sont ensuite vérifiées par nos journalistes et par des spécialistes, puis organisées et triées avant d’être publiées de par le monde, éventuellement en partenariat avec d’autres organes de presse prestigieux.

Financée par des dons récurrents, mon organisation a inventé une nouvelle forme de journalisme qui lui a permis de révéler plus d’une centaine de scandales d’ampleur mondiale en seulement neuf ans d’existence. Les activités de WikiLeaks ont inspiré de nombreuses autres organisations de presse, humanitaires, environnementales, etc. qui ont imité nos structures et nos pratiques. Malgré toutes les difficultés liées à ma surveillance permanente au sein de l’ambassade, les écoutes systématiques mises en place par la NSA contre les élites politiques, économiques et administratives de la France et de l’Allemagne sont le dernier exemple de la capacité de l’organisation à publier des informations cruciales pour préserver la souveraineté la vie démocratique des Etats.

L’ampleur du scandale et les réactions qui ont suivi nos dernières révélations ont confirmé le bien-fondé de notre démarche. La condamnation unanime par la classe politique et les sociétés civiles françaises et allemandes des actions commises par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, ainsi que les appels qui ont suivi à une révision des politiques françaises sur la question de la défense des lanceurs d’alerte et de la presse, alors que l’attentat contre Charlie Hebdo reste présent dans les esprits, ont constitué d’importants encouragements.

Ces révélations ont été faites au péril de notre vie.
C’est pourquoi j’ai été particulièrement touché par l’appel inattendu du gouvernement français, par la voie de la ministre de la justice et garde des sceaux Christiane Taubira, et relayé par des dizaines d’autres personnalités, à ce que la France me donne l’asile. Gardienne d’une constitution qui oblige la France à accueillir les combattants pour la liberté menacés de leur vie, d’une constitution qui oblige le monde de par la noblesse d’une telle exigence, elle a ouvert une voie qui, je l’espère, ne se refermera pas.

En m’accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique, envoyant un encouragement à tous les journalistes et lanceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien pour permettre à leurs concitoyens de faire un pas de plus vers la vérité.

Elle enverrait aussi un signal à tous ceux qui, de par le monde, saisis par l’hubris, trahissent leurs valeurs en s’attaquant incessamment aux citoyens qui s’y refusent.

La France a longtemps été porteuse d’espérance et de singularité pour de nombreux peuples et individus de par le monde. Ses mythes nourrissent encore aujourd’hui bien des enfances. Mes liens avec ce pays ne sont pas seulement idéels. De 2007 jusqu’à la perte de ma liberté en 2010, j’y ai résidé. Nos structures techniques y sont encore installées.

Mon plus jeune enfant et sa mère sont français. Je n’ai pas pu les voir depuis maintenant cinq ans, depuis que la persécution politique à mon égard a commencé. La situation présente leur cause d’immenses difficultés. J’ai dû garder leur existence secrète jusqu’à aujourd’hui dans le but de les protéger. J’ai aujourd’hui l’espoir que la situation et l’appui dont je bénéficie permettront de le protéger. Mon fils aîné, aujourd’hui adulte, et à ma mère, en Australie, subissent en effet encore aujourd’hui les conséquences de ma situation. Les menaces de mort, le harcèlement, y compris venant de personnes ayant des liens avec l’appareil militaire états-unien, ont commencé au même moment qu’émergeaient les appels à mon assassinat. Ils ont dû changer d’identité et réduire leurs échanges avec moi.

Je ne souhaite plus subir cette situation. Je souhaite les retrouver.

Ma vie est aujourd’hui en danger, Monsieur le président, et mon intégrité, physique comme psychologique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée.

Tandis que je faisais tout pour préserver la vie d’Edward Snowden, plusieurs employés britanniques de WikiLeaks devaient s’exiler à Berlin, en Allemagne. Tandis que nous révélions le scandale des écoutes de la NSA en France, des responsables politiques du Royaume-Uni admettaient que le siège autour de l’ambassade équatorienne était dû à la pression états-unienne. Tandis que nous créions une fondation d’appui aux lanceurs d’alerte, Courage Foundation, l’administration états-unienne multipliait les poursuites contre les journalistes et leurs sources, poursuites atteignant une intensité inédite dans l’histoire de ce pays. Tandis que Chelsea Manning était condamnée à 35 ans de prison pour avoir été supposément ma source et révélé un nombre incalculable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, après avoir été soumise à des traitements inhumains selon le rapporteur spécial de l’ONU, je continuais mon travail avec l’organisation de WikiLeaks pour m’assurer qu’aucune source ne pourrait jamais être identifiée du fait de ses liens avec mon travail, ce qui a jusqu’ici été fait avec succès.

Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, en tant que pays engagé par toute son histoire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cinquième puissance mondiale, en tant que pays qui a marqué ma vie et qui en accueille une partie, la France peut, si elle le souhaite, agir.

Respectueusement,

Julian Assange

mardi 30 juin 2015

Les Grecs peuvent-ils encore donner du crédit au FMI ?



















Dans le New York Times, le prix Nobel d'économie 2008 Paul Krugman dénonce les conséquences des mesures d'austérité décidées en 2010 pour la Grèce et pointe à l'aide du graphique ci-dessus la faillite des projections du FMI sur les résultats de ces mesures.

A retrouver ici.

GDP pour Gross Domestic Product, le Produit Intérieur Brut

lundi 29 juin 2015

Trois idées reçues sur la crise grecque !




Pour aller plus loin la vidéo de 10' de MrQuelquesMinutes : Comprendre la dette publique (en quelques minutes)



A propos de l'article 123 du Traité de Lisbonne lire ou relire l'article : Traité de Lisbonne, article 123 : le coup d'état de la finance

samedi 27 juin 2015

Le discours du Premier ministre grec Alexis Tsipras sur la tenue du référendum

Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé, dans une adresse au peuple retransmise par la chaîne de télévision publique (ERT), la tenue d'un référendum sur les propositions faites à la Grèce par les "Institutions" (FMI, BCE, Commission européenne) dans le cadre des négociations sur la dette. Traduction.


Depuis 6 mois, le gouvernement hellénique se bat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour mettre en œuvre le mandat que vous lui avez confié à l’issue des élections du 25 janvier.
Un mandat qui nous enjoint de négocier avec nos partenaires pour mettre fin à l’austérité et faire en sorte que notre pays renoue avec la prospérité et la justice sociale.
Un mandat qui nous enjoint de parvenir à un accord viable, respectueux de la démocratie comme des règles de l'Union, et qui permettrait à la Grèce de sortir définitivement de la crise.
Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d’appliquer les mémorandums qu'avaient signés les gouvernements précédents, mémorandums que le peuple grec a pourtant catégoriquement rejetés lors des dernières élections.
Mais nous n’avons pas un seul instant envisagé de céder.
De trahir ― autrement dit ― votre confiance.
Après cinq mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement abouti, lors de l’Eurogroupe d’avant-hier, à une proposition en forme d’ultimatum, un ultimatum adressé à la démocratie grecque et au peuple hellénique.
Un ultimatum qui contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs fondamentales de l’Europe, de la construction européenne.
La proposition faite au gouvernement fait peser sur le peuple grec de nouvelles charges, intolérables, mine la société, sape tout espoir de reprise économique en perpétuant l’incertitude et en aggravant encore les inégalités.
La proposition des Institutions comprend des mesures entraînant une dérégulation accrue du marché du travail ; des coupes dans les pensions de retraite ;  de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public, ainsi qu’une augmentation de la TVA sur les aliments, l’hôtellerie et le tourisme ; les Institutions préconisent dans le même temps la suppression des exemptions fiscales pour la Grèce insulaire.
Ces propositions, qui portent directement atteinte aux acquis sociaux européens et aux droits fondamentaux ― droit au travail, à l’égalité et à la dignité ―, prouvent que certains de nos partenaires, que certaines de ces Institutions ne souhaitent pas parvenir à un accord viable, également profitable à toutes les parties, mais ont pour objectif d'humilier tout un peuple.
Ces propositions démontrent l'entêtement mis ― en particulier par le Fonds Monétaire International ― à défendre à tous prix une politique d’austérité extrême et punitive.
Les puissances aujourd’hui à la tête de l’Europe doivent dès lors, et plus que jamais, se hisser à la hauteur des circonstances et prendre des initiatives qui mettront fin à la crise de la dette publique grecque, une crise qui affecte d’autres pays européens et menace le futur même de l’intégration européenne.

Grecques et Grecs,
Nous sommes aujourd’hui porteurs d’une responsabilité historique à l’égard des luttes menées et des sacrifices consentis par le peuple grec pour la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale ; c’est notre responsabilité envers l’avenir de notre pays.
Cette responsabilité nous oblige à répondre à cet ultimatum en nous appuyant sur la volonté souveraine du peuple grec.
Au Conseil des Ministres qui vient de se tenir, j’ai solennellement proposé l’organisation d’un référendum afin que le peuple grec puisse se prononcer souverainement.
Cette proposition a été adoptée à l’unanimité.
Demain, l’Assemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin d’entériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, d’un référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire s’ils acceptent ou refusent la proposition faite par les Institutions.
J’ai déjà informé de ma décision le Président de la République hellénique mais aussi, par téléphone, le Président de la République française, la Chancelière de la République d’Allemagne et le président de la Banque Centrale Européenne ; demain, j’adresserai un courrier officiel aux dirigeants de l’Union Européenne et aux Institutions pour leur demander de prolonger le programme de quelques jours en sorte que le peuple grec puisse se prononcer librement, hors de toute pression et de tout chantage, conformément à la Constitution de notre pays et à la tradition démocratique européenne.

Grecques, Grecs,
Face à un ultimatum dont le but est de nous faire accepter une austérité extrême et humiliante, sans fin, sans perspective de redressement social et économique, je vous invite à vous prononcer souverainement, fièrement, comme l’histoire grecque vous y enjoint.
Répondons à l’autoritarisme et à l’austérité extrême par la démocratie, avec sérénité et détermination.
Que la Grèce, ce lieu qui a vu naître la démocratie, adresse une réponse démocratique retentissante à la communauté européenne, à la communauté internationale.
Je m’engage à respecter le résultat de votre choix démocratique, quel qu’il soit.
Je suis absolument sûr que votre décision fera honneur à l’histoire de notre patrie et portera au monde un message de dignité.
En ces heures cruciales, nous devons tous nous rappeler que l’Europe est la maison commune de ses peuples. Que l’Europe ne se répartit pas entre des « propriétaires » et des « invités ».
La Grèce est et demeurera une partie indissociable de l’Europe et l’Europe une partie indissociable de la Grèce.
Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.
Je vous appelle tous et toutes, dans un même élan national, dans l’unité et la sérénité, à prendre les décisions que nous méritons.
Pour nous, pour les générations suivantes, pour l’histoire des Grecs.
Pour la souveraineté et la dignité de notre peuple.

Traduit du grec par Dimitris Alexakis (Blog de Médiapart)

Sources : ici

lundi 15 juin 2015

Ufot Ekong : le génie nigérian qui a résolu une équation insoluble depuis 30 ans



Au Japon, un étudiant nigérian de l’université de Tokai accumule les performances académiques et les brevets d’invention. Ufot Ekong vient de résoudre une vieille équation mathématique.

Il est encore sur les bancs de la faculté et connaît déjà la gloire. Ufot Ekong, étudiant à l’université de Tokai à Tokyo, au Japon, vient de résoudre une équation mathématique dont personne n’avait trouvé la solution depuis son apparition, il y a trente ans.

 Le meilleur étudiant du Japon de ces 50 dernières années

Ufot n’en est pas à sa première prouesse. Selon The Independent, qui rapporte l’information, “l’étudiant nigérian a eu les meilleurs résultats dans une université japonaise sur les cinquante dernières années !” Ufot Ekong, déjà diplômé en génie électrique, continue ses études pour se spécialiser en robotique.


“Depuis le début de ses études, Ufot Ekong a remporté six prix d'excellence académique tout en occupant deux emplois à côté, pour financer ses études, comme beaucoup d’étudiants”, poursuit le journal britannique.

Polyglotte et deux brevets d'invention à 24 ans

Ekong parle anglais, français, japonais et yoruba (sa langue maternelle). Le jeune Nigérian a d’ailleurs remporté le prix du meilleur étudiant en langue japonaise pour les étrangers. Ekong travaille actuellement pour Nissan et a déjà deux brevets à son nom pour la conception de voitures électriques.

mercredi 10 juin 2015

Des militants FN incendient 12 voitures pour dénoncer l'insécurité ...

L'ancien numéro 2 de la fédération de Seine-et-marne Adrien Desport est actuellement en garde à vue avec 3 autres militants FN. Il est soupçonné d'incendie volontaire et de multiples dénonciations d'infractions imaginaires



Adrien Desport en compagnie de JM Lepen

«Cette semaine a été riche en évènements tragiques. Au sein de notre quartier, Mitry-le-Neuf, 20 véhicules ont été incendiés et les émanations ont touchés certaines habitations. Entre 23h et 4h du matin (Dans la nuit du 8 au 9 avril 2015, ndlr), les secours ont dû faire appel aux renforts des communes voisines et des services de secours départementaux afin de juguler cette trainée de poudre qui a ravagé certaines de nos rues. Aucun suspect n'a été interpellé. Le soir même, un des véhicules a brulé en face de mon domicile et avec quelques collègues frontistes, nous avons essayé par nos propres moyens (…) d'assister les forces de l'ordre dans leurs recherches ayant moi-même vu le pyromane avec une voisine»

  Ce communiqué glaçant a été adressé aux habitants de Mitry-Mory en Seine et marne. L'auteur de ce récit, presque héroïque et inquiétant, n'est autre qu'Adrien Desport ancien numéro 2 du FN 77, et militant très actif au sein du SIEL et du RBM. Il est aujourd'hui en garde à vue, et a reconnu avoir lui-même incendié une douzaine de voitures comme le révèle Le Parisien (ici).

Sur les réseaux sociaux, Adrien Desport est prompt à dénoncer l'usurpation d'identité, la diffamation et autres agressions qui le viseraient. Pourtant c'est bien lui qui est en garde à vue et qui comparaîtra en fin de journée devant le tribunal correctionnel de Meaux ce mercredi pour destruction volontaire par incendie en bande organisée, dégradation volontaire de bien privé et dénonciation de délit imaginaire.



vendredi 5 juin 2015

La 6ème édition des Y'a Bon Awards !

















Les Indivisibles organisent le 12 juin 2015 à 19H30, la  6ème édition, très attendue, des « Y’a Bon Awards  » au Cabaret Sauvage.
Réservez d'ores et déjà vos places en cliquant ici.

Cette année, la cérémonie des Y’a Bon Awards sera animée par Matthieu Longatte, auteur-interprète de « Bonjour Tristesse » et soutenue par un jury composé de personnalités médiatiques  de tous bords.

Au cours de cette cérémonie parodique et satirique, des trophées, en forme de banane dorée, seront décernés à des personnalités médiatiques et politiques nommées dans différentes catégories. Ces dernières s’étant illustrées par des propos racistes ou stigmatisants dans l’espace public et médiatique français.

L’occasion de récompenser le racisme ordinaire et les préjugés ethno raciaux installés depuis  si longtemps dans notre paysage médiatique et politique français.

Depuis leur création en 2009, les Y’a Bons Awards, véritable évènement citoyen, sont devenu un rendez-vous associatif et militant incontournable et constitue un véritable baromètre des propos racistes tenus dans l’espace médiatique et public français, parfois en toute impunité.

Le jury sera composé cette année de: Yassine Belattar, Ovidie, Christine and the Queens, Blanche Gardin, Bruno Gaccio, Medine, Gilles Sokoudjou, Chadia Arab, Marwan Mohamed, Julien Salingue, Sarah Carmona, Juliette Fievet, Claudy Siar, Sophie-Marie Larrouy, Steve Tran, Grace Ly.




A voir ou a revoir les Y'a Bon Awards 2012




Les Indivisibles
Les Indivisibles sont un groupe de militants dont le but est de déconstruire, notamment grâce à l’humour et l’ironie, les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française des Français non-Blancs.

Réformer une justice malade ...

Pourquoi les affaires politico-financières 

n'aboutissent pas ... 




jeudi 4 juin 2015

Ce soir à 18h-23h, l'émission vidéo "En direct de Médiapart" : Réformer une justice malade

 

Outreau, Clichy-sous-Bois, le scandale Société générale ou EADS, ou encore ces affaires politico-financières qui n'aboutissent pas. La justice doit être remise sur pied.

 

Jeudi 4 Juin à 20h30

 

Soirée spéciale  - Émission Vidéo  

en direct de Médiapart

Comment réformer une justice malade

EN ACCÈS LIBRE 


  Émission animée par 
Frédéric Bonnaud et Fabrice Arfi 
avec la rédaction de Mediapart


    Pourquoi les affaires politico-financières n'aboutissent pas

    Eric Halphen, magistrat, ancien juge d'instruction (affaire des HLM de Paris), président d'honneur de l'association Anticor 
    Noël Pons, ancien conseiller au service central de prévention de la corruption, auteur de 92 Connection, laboratoire de la corruption? 
    William Bourdon, avocat, président d'honneur de l'association Sherpa
    Mathilde Mathieu, journaliste à Mediapart


      La grande misère de la justice

      Yves Charpenel, premier avocat général à la Cour de cassation 
      Alice Guilloux, juge d'instruction à Pontoise 
      David Koubbi, avocat (affaire Kerviel)
      Michel Deléan, Mediapart


        La justice du quotidien

        Laure Heinich, avocate
        Vanessa Lepeu, juge d'instance à Montreuil (93)
        Jean-Paul Teissonnière, avocat spécialiste du droit du travail
        Michel Deléan, Mediapart