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vendredi 16 octobre 2015

Commémoration du cinquante-quatrième anniversaire du massacre d’octobre 1961

Demain samedi 17 octobre 2015 on commémore (à 17H30 au Pont Saint-Michel à Paris), le cinquante-quatrième anniversaire du massacre d’octobre 1961


Le livre de l'historien Emmanuel Blanchard, "La police parisienne et les Algériens (1944-1962)" paru en 2011 permet à travers une étude précise et détaillée sur la police parisienne de réfuter à propos de ce qu'on peut qualifier de massacre, les thèses d’un gouvernement politique qui aurait été dépassé, ou celle d’une simple « crise » au sein de la police.
On apprend qu'en réalité à l’automne 1961, le préfet Maurice Papon obtient du gouvernement un véritable « chèque en blanc » pour démanteler le FLN et mener une bataille qui débouchera sur la perpétuation de ce crime colonial au cœur de Paris, le massacre du 17 octobre 1961.

La police parisienne et les Algériens (1944-1962)

Le « problème nord-africain » : c'est ainsi que la police parisienne a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes.
De 1925 à 1945, les Algériens ont été « suivis » par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les « indigènes » devenus « Français musulmans d’Algérie » sont désormais l’affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l’émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953, place de la Nation. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs : pénétrer les « milieux nord-africains » et ficher les Algériens.
Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise : il faut désormais « éliminer les indésirables ». C’est l’organisation de rafles, de camps d’internement et de retours forcés. Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu’à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un « chèque en blanc » pour combattre le FLN. Les massacres d’octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par une étude historique rigoureuse fondée sur des archives et des témoignages inédits.


Éditeur Nouveau Monde éditions
450 pages


Emmanuel Blanchard
est maître de conférences en science politique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP, CNRS-ministère de la Justice-UVSQ). Ses recherches portent sur les polices en situation coloniale et sur la socio-histoire des politiques d’immigration.




Sur le 17 octobre 1961 ...



17 octobre 1961 : archéologie d’un silence avant-propos

par Isabelle Saint-Saëns 15/09/2000

Le 17 octobre 61, la Fédération de France du FLN appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement contre le couvre-feu instauré le 5 octobre par le préfet de police, Maurice Papon. 30.000 manifestants face à 7000 policiers, 12.000 arrestations, 3 morts selon le bilan officiel, plus de 300 selon le FLN. Plusieurs dizaines selon les rapports demandés par le gouvernement à la fin des années 90 : les missions Mandelkern (98) et Géronimi (99), ayant eu accès aux documents officiels, n’ont pu que constater qu’un nombre très important en avait disparu.

Le gouvernement gaulliste mène une stratégie d’étouffement. C’est par le silence que Papon répond aux questions de Claude Bourdet à la séance du Conseil de Paris du 27 octobre 61. Roger Frey, ministre de l’intérieur et futur président du Conseil Constitutionnel, rejette une demande de commission d’enquête parlementaire, au motif que des informations judiciaires (toutes clôturées par des ordonnances de non-lieu) sont en cours. Les témoignages rassemblés par les éditions Maspero sont saisis chez le brocheur, avant le dépôt légal : ces livres n’existent tout simplement pas. Vérité-Liberté, Les Temps Modernes et Partisans sont saisis. Les projections d’Octobre à Paris de Jacques Panijel sont interdites ; un film réalisé par la Radio-Télévision Belge est déprogrammé, les pellicules disparaissent. La presse communiste (Libération et L’Humanité) fait état des violences policières, mais renonce à publier in extenso des témoignages, pour éviter la saisie. Le Monde et Le Figaro s’indignent des « violences à froid sur les manifestants arrêtés », mais « comprennent les brutalités policières à chaud ».

Quelques mois plus tard, le 8 février 62, neuf morts au métro Charonne lors d’une manifestation contre les attentats de l’OAS. Français ni musulmans ni d’Algérie, pour la plupart communistes et syndiqués, ils seront enterrés par près d’un demi-million de personnes. Sans doute auraient-ils été qualifiés d’« innocents » par ce Monsieur Barre qui eut Papon comme ministre du budget. Seul le représentant de la CFTC évoquera à l’enterrement les morts anonymes d’octobre.

Pendant deux décennies ce sont les témoins, directs ou indirects, qui insisteront : Pierre Vidal-Naquet en 72 (La torture dans la République), Georges Mattei, membre des réseaux de soutien au FLN, l’un des rares Français auxquels la Fédération de France du FLN avait demandé d’être présents sur le parcours de la manifestation, qui réalise (avec Jean-Louis Péninou) un dossier dans Libération (le 17 octobre 80 puis le 17 octobre 81). Au milieu des années 80, avec l’échec de l’intégration à la SOS-Racisme, les jeunes issus de l’immigration questionnent leurs parents : s’en fait l’écho le dialogue entre Mohamed Hocine, fondateur du Comité contre la double peine, et son père, filmé dans Douce France, la saga du mouvement beur. En 91, de jeunes militants (Anne Tristan, Agnès Denis, Mehdi Lallaoui et le collectif Au nom de la mémoire) écrivent un livre puis réalisent un film, Le silence du fleuve. La même année paraît le premier ouvrage historique, La bataille de Paris de Jean-Luc Einaudi : n’étant pas historien « professionnel » il lui faudra attendre 99 pour obtenir l’accès à certaines archives. Sur la décolonisation sous la IVe république, on attend les documents historiques d’envergure : combien d’universités françaises possèdent une chaire d’histoire de la colonisation et de la décolonisation ?

Les massacres d’octobre 61, comme ceux de l’ère coloniale récente (de Sétif et Madagascar à Ouvéa), sont des crimes qui ne sont pas nommés, pas plus que ne le sont leurs victimes, ceux que l’on désigne sous le sigle FMA (« Français Musulmans d’Algérie ») ou plus couramment comme crouilles, ratons, melons, bicots, parqués dans les bidonvilles ou dans des quartiers intra-muros quadrillés en permanence.
Depuis le début de cette guerre sans nom maquillée en « pacification » et « opérations de maintien de l’ordre », les gouvernements successifs (de la SFIO de Mollet et Mitterrand aux gaullistes) entretiennent le racisme policier, militaire et civil. Ratonnades, tortures, noyades, fusillades, pendaisons : ce qui se passe en cette fin d’octobre 61 se produit en Algérie et en métropole depuis 54. « Le 17 est un moment, un moment seulement, dans un temps où nous étions toujours niés » disent les Algériens interrogés trente ans plus tard par Anne Tristan.
En Algérie, c’est le quotidien. Un état de droit en France cohabite avec un état d’exception dans les colonies, qui s’applique aussi en métropole à ces « citoyens de l’Union » qui sont moins citoyens que les autres ; et ce consensus républicain a besoin pour fonctionner de désigner un objet de peur et de rejet : « Consentir, dit Jacques Rancière, c’est d’abord sentir ensemble ce qu’on ne peut pas sentir ». [...]

La suite sur le site de Vacarme ici

jeudi 15 octobre 2015

MediaPorte : « Une belle connerie »

Cette semaine, Didier Porte rend hommage à un grand oublié de la semaine passée : le sénateur LR Roger Karoutchi.


mercredi 14 octobre 2015

Pyramide de la richesse globale


Les 1% les plus riches possèdent aujourd'hui 50,4% de la fortune totale

 71% des adultes au monde, détiennent seulement 3% de la richesse totale



« Les inégalités ont dépassé le point où cela nous aide pour devenir riches et constituent désormais une sérieuse menace. Je suis préoccupé de voir un monde dans lequel les riches ont le pouvoir d’écrire les règles que le reste d’entre nous doit suivre »  Agnus Deaton  prix Nobel d'économie 2015

mardi 13 octobre 2015

Les journalistes Emmie Rates et Ryan Hair évoquent la chemise lowcost du DRH d'Air France

Dans une parodie de journal télévisé, le syndicat CGT décrit les violences comme «un petit bizutage improvisé» et rappelle son intention de poursuivre le bras de fer



jeudi 8 octobre 2015

“Je n’aime pas les Arabes. Alors fais gaffe à toi, hein !”

On aurait pu légitimement penser à une nouvelle charge raciste de Philippe Pemezec (souvenez-vous ici) mais non ! Il s'agit cette fois d'un patron qui filmé en caméra caché lance à l'un de ses salariés :

    « Moi, depuis qu’un patron s’est fait trancher la gorge, j’en ai jusque-là ! (…) J’ai envie… de prendre un Arabe et de crac !, et de le mettre en haut de mon bâtiment. » Puis : « T’as de la chance, poursuit le patron, enragé. Je n’aime pas les Arabes. Je n’aime pas les Arabes. Alors fais gaffe à toi, hein ! »



Cette scène hallucinante est à retrouver ce soir dans l'émission Complément d'enquête (France 2). Ce document montre notamment comment la parole raciste s'est libérée chez certains employeurs. Autre information rapportée par l'émission, en France un Français de confession musulmane a quatre fois moins de chances d'être retenu pour un entretien d'embauche.

lundi 5 octobre 2015

Qui a dit : "Le patronat n'a pas besoin ... " ?

A l'heure du conflit social qui touche Air France il est intéressant de relire un discours tenu devant la représentation nationale qui bien que centenaire n'a en rien perdu de sa pertinence :
« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »

Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906


 

dimanche 4 octobre 2015

Les ficelles malhonnêtes d'Alain Finkielkraut révélées par le politologue Thomas Guénolé

Thomas Guénolé, en un peu plus de trois minutes, s'est appliqué sur le plateau de ONPC à démonter la rhétorique délirante du sophiste Alain Finkielkraut, rompu à l'art des fausses évidences, des préjugés érudits, des mots chocs et des choix caricaturaux. C'est clair, net et vraiment bien dit.



Thomas Guénolé est politologue (PhD Sciences Po CEVIPOF) et enseignant (Sciences Po, HEC). Essayiste, il a notamment publié un Petit guide du mensonge en politique (First, 2014). Il a créé en 2015 le Prix annuel du menteur en politique, décerné par un jury de journalistes. Cofondateur de VOX POLITICA, cabinet de conseil en communication politique, il tient sur RMC la chronique quotidienne "Guénolé, du concret". 

Il vient de publier Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants ?, livre dédié à Zyed Benna et Bouna Traoré, adolescents dont la mort en fuyant un contrôle de police fut le déclencheur des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises.

Édité par Le Bord de l'eau (15/09/2015)
213 pages, 17 euros

En 4ème de couverture 

Le "jeune-de-banlieue", c'est l'ogre des temps modernes. 
Arabe mal rasé de 13-30 ans vêtu d'un survêtement à capuche, il se promène avec un cocktail Molotov dans une main et un couteau à cran d'arrêt dans l'autre. Il fume du shit dans les cages d'ascenseur. Il brûle des voitures. Il gagne sa vie grâce à des trafics et en fraudant les allocations sociales. Sa sexualité consiste à violer les filles en bande dans des caves ; sa spiritualité, à écouter les prêches djihadistes de l'"islam-des-banlieues", dans des caves également. Il hait la France, l'ordre, et bien sûr, il déteste les Français (comprendre : "les Blancs"). Il aime le djihad et l'islamisme. Son rêve : partir en Syrie se battre aux côtés d'Al Qaïda ou de Daech, pour ensuite revenir en France commettre des attentats. Il ne serait donc pas étonnant que les parents disent bientôt à leurs enfants : "Si tu n'es pas sage, le jeune-de-banlieue viendra te chercher." La réalité est moins spectaculaire. Les jeunes de banlieue sont plus d'1 million : 98 % ne sont ni délinquants ni dans des bandes. L'ascenseur social étant à l'arrêt depuis longtemps, seule une minorité arrive à s'en sortir. Une minorité plus marginale vit de trafics. Une minorité plus marginale encore sombre dans l'intégrisme religieux. Mais pour l'écrasante majorité, la réalité, c'est une galère de jeune pauvre urbain qui vivote entre le chômage, la "débrouille" et les emplois précaires. Thomas Guénolé nous décrit sans concession la balianophobie : ce mélange de peur et de haine envers le monstrueux "jeune-de-banlieue" inonde nos classes moyennes, nos médias, notre cinéma, nos élites. Sur l'insécurité, les bandes, l'islam, la sexualité, l'argot des banlieues, il remplace méthodiquement les clichés par la réalité. Il nous décrit ensuite la vie des 98 % : les vrais jeunes de banlieue, ceux dont on ne nous parle jamais.

samedi 3 octobre 2015

Conseil municipal, accueil des réfugiés : un vote honteux !

Dans la droite ligne des propos du maire Philippe Pemezec avec son "Jamais ! Pas un seul !", la majorité du conseil municipal a refusé le voeu proposé par Jean-François Papot.

Ce voeu demandait "la prise en compte du sort des réfugiés hommes, femmes et enfants, frappant aujourd'hui à notre porte chassés de leur pays par la guerre et la répression".

Ce voeu faisait suite à la lettre envoyée à Philippe Pemezec lui demandant d'engager la ville dans une démarche d'accueil des réfugiés et à laquelle le maire n'a jamais répondu. 


Le dessinateur Zep publie sur son blog une planche dans laquelle Titeuf, son célèbre héros à mèche blonde, se retrouve confronté à la guerre et à la situation de réfugié.


Au maire Philippe Pemezec et à sa majorité du conseil municipal voici pour rappel la planche du dessinateur Zep dans laquelle Titeuf, son célèbre héros à mèche blonde, se retrouve confronté à la guerre et à la situation de réfugié. 

Bonne lecture !

A Jean-François Papot et à l'opposition un grand merci ! Votre initiative vous honore !


Mi petit, mi grand…















jeudi 1 octobre 2015

De nombreux Robinsonnais protestent contre deux décisions municipales

Deux décisions municipales qui font sérieusement "tiquer" les Robinsonnais
1. la fermeture du théâtre du Coteau
2. le changement de nom de la place de la Résistance en place Charles Pasqua

Pour demander à Philippe Pemezec, maire de la ville de revenir sur ces décisions deux pétitions ont été lancées. En l'espace de quelques semaines ces pétitions ont déjà recueilli plusieurs centaines de signatures.


Sauvons le théâtre du Coteau



Parmi les commentaires ... 

Les anciens m’ont parlé du temps où une bibliothèque de quartier existait au Pierrier… J’aurais aimé que mes enfants aient cette chance. Mes enfants ont vu leurs premiers spectacles au théâtre du coteau et joué leurs premières pièces sur ses planches. D’autres doivent avoir cette chance.
Le théâtre du coteau est entièrement financé par la communauté d’agglomération. Le maire veut réorienter cette subvention vers le pôle culturel et récupérer la parcelle pour une nouvelle opération de promotion immobilière…
Si il n'y a pas de petites économies, il y a de mauvaises économies. De nombreuses marges sur les dépenses actuelles sont possibles au Plessis-Robinson : ne nous trompons pas de priorités... Le maire a choisi un pôle culturel somptuaire et surdimensionné. C’est à lui de l’assumer sans priver le Pierrier d’un équipement de quartier, sans priver les (jeunes et moins jeunes) spectateurs d’un théâtre à taille humaine, sans priver certaines troupes d’un lieu pour se produire. 
Jean François Papot

Pourquoi vouloir toujours TOUT centraliser ? Pourquoi rayer de la carte robinsonnaise ce qui fait la vie d'un quartier ? bibliothèque du Pierrier, Théâtre du Coteau et j'en passe... Un lieu de culture dans chaque quartier, un lieu de rencontre avec le voisinage, favorisent le lien social ; plutôt que des déplacements inutiles en voiture (incohérence avec la politique de dévelopement durable prônée par la municipalité) 
Audebert Frédérique

Je signe tout coeur et partage pleinement les commentaires précédents. Halte à l'uniformisation, place à la culture dans tous ses états, et sa créativité. Ce petit théâtre doit continuer de vivre pour son quartier, ses habitants, ses enfants. La vie avant tout et non la mort programmée d'une mémoire. Quand arrêterez vous de tout massacrer au Plessis Robinson. Pour que vive la mixité sociale, sa diversité c'est cela le bien vivre ensemble...... 
Sylvie Muret

Je signe cette pétition parce-que des générations de comédiens amateurs et professionnels sont passés dans ce théâtre. J'y ai passé une partie de mon adolescence avec bonheur et cela m'a ouvert à une certaine culture à laquelle je n'avais pas accès chez moi. J'aimerais que d'autres continuent à en profiter.
Edith Bernier

Je précise que je ne signe pas pour des raisons politiques et que je ne rejette pas les actions du maire en bloc. En revanche, je souhaiterais que le théâtre du Coteau soit préservé, car ma fille y suit des cours de théâtre depuis des années et est extrêmement déçue que son théâtre soit promis à la démolition. Et parce que j'apprécie ce théâtre, où je vais souvent, et sa programmation de qualité. Monsieur le Maire, préservez notre théâtre et le centre de loisirs, nous n'avons déjà pas grand-chose dans le Pierrier... Merci d'avance.
Hélène Berlioux

A retrouver ici



Arrêtons le hold-up sur notre place de la Résistance


Parmi les commentaires ...

Née et élevée au Plessis Robinson, je suis outrée d'une telle décision. Petite fille de résistant fusillé par les allemands, je trouve SCANDALEUX que la place de la résistance soit renommée, qui plus est, avec le nom d'une personne qui a cumulé beaucoup d'affaires judiciaires et condamnations ! Que Monsieur Pasqua ait favorisé M. Pemzec dans son ascension politique et dans ses budgets pour la ville du plessis et que ce dernier lui en soit reconnaissant alors qu'il lui érige une stèle dans son jardin !! 
Charlotte Hillairet

Quand on sait ce que fut le SAC et les ennuis avec la justice de ses membre; coups et blessures volontaires, port d'armes, escroqueries, agressions armées, faux monnayage, proxénétisme, racket, incendie volontaire, chantage, trafic de drogue, hold-up, abus de confiance, attentats, vols et recels, association de malfaiteurs, dégradation de véhicules, utilisation de chèques volés, outrages aux bonnes mœurs (source wikipedia) il est choquant de voir l'un des dirigeants de cette milice privée être honoré de la sorte ! 

Philippe Renaud

Je suis l'actualité de Philippe Pemezec depuis quelques années. Démocratie locale écornée, pratiques discriminatoires, condamnations, comportements et propos agressifs. Cette dernière décision de débaptiser la place de la Résistance au profit d'un personnage aussi décrié que Charles Pasqua est un véritable scandale. Charles Pasqua ne fait pas l'unanimité. Cette année quatre résistants ont été honorés par la République : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay.
Amel Djendoubi

J'ai honte de la ville dans laquelle j'habite.J'ai honte des décisions prises par le Maire et son Conseil Municipal.Pourquoi changer le nom de cette place par un autre nom?Quelle en est la raison....valable?Mon père,comme tant d'autres,s'est engagé (dans la Résistance) à l'âge de 17 ans 1/2,est devenu invalide de guerre au cours d'un acte de résistance à Guéret(Creuse),puis a été déporté à Buchenwald.Il en est revenu..d'où tant d'autres ,pas...Je ne parle même pas du nom de Ch.Pasqua...de nombreuses personnes l'ont  déjà fait..Quelque soit le nouveau nom,je suis scandalisée et attristée par cet acte de "debaptisation". Tous ces élus qui nous représentent au Plessis n'ont ils pas la moindre pensée pourtous ceux qui se sont engagés pour nous,battus pour nous,jusqu'à en sacrifier leur vie?Il ne leur a suffit  que de lever le bras pour un vote,qui,en une minute,gomme tout un passé pour lequel,nous ne pouvons qu’être fiers et reconnaissants.
Michèle Bloch

M. Pasqua est loin de faire l'unanimité ! L'histoire retiendra M. Pemezec votre utilisation (instrumentalisation, détournement) des symboles de la nation pour remercier M. Pasqua de vous avoir installé dans votre fauteuil de maire il y a plus d'un quart de siècle. Les affaires qui ont émaillés ces dernières décennies, votre dernière condamnation, tout cela aurait du vous conduire à plus d'humilité et de discrétion. Malheureusement votre tempérament impulsif vous rattrape et vous fait commettre des impairs ! Les Robinsonnais commencent à vous connaître et ce n'est pas à votre avantage !
Ahmed Talibi

Après la rue René Boulanger débaptisée,décidément Mr Pemezec n'aime pas les RESISTANTS.
Serge Monteil

M. Pemezec, Charles Pasqua bien qu'ayant été résistant n'incarne pas la Résistance. Il n'en est pas une figure remarquable. En revanche il est une des figures majeures des turpitudes politico-financières des Hauts-de-Seine. Figure qui a donné naissance au Balkany, Schuller, Ceccaldi, vous-même récemment condamné par la justice. Tout ce beau monde magouille encore en toute impunité. Plus pour très longtemps j'espère !
Tamelouis Frabrice

Bafouer de la sorte la mémoire de nos résistants est inqualifiable. Monsieur Pemezec connaît-il l'histoire de la 2 ème guerre mondiale pour agir d'une façon aussi irresponsable ? Monsieur Pemezec aura -t-il la désinvolture pour présider à l'avenir les cérémonies du 8 mai 1945 ?

Philippe Pauthonier

A retrouver ici


lundi 28 septembre 2015

Nadine Morano vient d'être exclue du Front National !

On vient de l'apprendre Marine Le Pen a décidé d'exclure définitivement Nadine Morano du Front National pour avoir mis à mal avec ses propos sur la race blanche de la France, la dé-diabolisation du parti. On apprend par ailleurs que suite à cela Jean-Marie Le Pen tout juste exclu du Front National a demandé à adhérer au mouvement des Républicains. Ces derniers devraient accepter très prochainement selon une source qui souhaite garder l'anonymat.

Les déclarations de Marine et Jean-Marie Le Pen à écouter ici :





Morano ou la dérive sarkozyste ...

  • « Je ne suis pas raciste : j'ai des amis qui sont justement arabes, dont ma meilleure amie qui est tchadienne et donc plus noire qu'une arabe. » France 5, juin 2012 
  • « Qui décapite les Occidentaux ? C'est ceux qui sont membres du Jihad islamique, donc les partenaires du Hamas. Ce sont les juifs qui décapitent aujourd'hui ? Ce sont les juifs qui ont décapité Hervé Gourdel ? » France Info, novembre 2014
  • Nadine Morano à un commerçant sénégalais : « Vous êtes indépendants ! Pourquoi vous êtes venu en France ? On ne peut pas accueillir tous les Sénégalais ! » Sur un marché, campagne présidentielle de 2007
  • « @ericbesson je bulle dans un spa avec des copines et toi tu tweet occupe toi de ta femme un peu. » Tweet envoyé publiquement par erreur, février 2012
  • « Les migrants, c'est la faute à la gauche. » iTélé, juillet 2015
  • « Joseph Macé-Scaron [directeur de l'hebdomadaire Marianne] est au journalisme ce qu'un rat est au caniveau... Ça pue, c'est laid, encore que le rat, lui, est intelligent. » Twitter, novembre 2013
  • « Nicolas Sarkozy, ce n'est même pas la peine qu'il songe à se présenter à la présidentielle, je le dézinguerai ! » Le Point, septembre 2015
  • « J'ai signalé à la gare de l'Est une personne qui portait un voile intégral et qui avait une valise à la main. Pour moi, c'est un signe de danger potentiel. Qui y a-t-il en dessous ? » BFM TV et RMC, février 2015
  • « Paris devient sale, Paris avec ses rues touristiques envahies de SDF, de matelas sur les trottoirs. » Facebook, août 2015
  • Nadine Morano après ses propos sur la « race blanche » :  « J'ai été très bonne chez Ruquier, samedi soir. Ils ont peur lorsque chacun envoie ses sbires pour me dégommer. » Europe 1, septembre 2015
  • « Des moniteurs font le ramadan, il peut y avoir danger. Je ne suis pas sûre que les parents savent que leurs enfants vont être entre les mains de quelqu’un qui ne va pas s’alimenter et pas boire de la journée. On ne sait pas quels sont leurs réelles conditions physiques, on ne sait pas si nos enfants sont en réelle sécurité. » Public Sénat et Radio classique, octobre 2012
  • « Ma marionnette [aux Guignols] est moche, elle fait peur ! » Canal+, octobre 2013
  • Nadine Morano à propos des migrants : « On nous dit qu'ils fuient la guerre. Heureusement qu'on n'a pas fait pareil, nous, en 1939-1945 ou en 1914 ! On a tous des aïeux qui reposent dans la terre de France, qui se sont battus pour la liberté et pour sauver la France. Alors moi, je dis qu’il faudrait aussi que ces personnes, plutôt que de fuir – parce que ça n’est pas la solution – se battent pour leur pays et qu’on les accompagne dans ce combat. » Europe 1, août 2015
  • « Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers. » Débat sur l'identité nationale, décembre 2009
  •  « On a laissé entendre que je suis raciste, ce qui m'insupporte. (...) La pizza, je l’aime plutôt regina et pas orientale. En revanche, j’adore le couscous et les bricks à l’œuf. » Europe 1, juin 2012
  • Nadine Morano en réponse à un canular de Gérald Dahan qui imitait Louis Aliot (FN) : « Je trouve que Marine Le Pen a beaucoup de talent (...). [La gauche va] nous mettre le droit de vote des étrangers (...). J'ai pas envie que ça devienne le Liban chez moi. » Sud Radio, juin 2012
  • « Nous sommes un pays judéo-chrétien – le général de Gaulle le disait –, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J’ai envie que la France reste la France. Je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. » France 2, septembre 2015
  • « Il faut préserver nos racines judéo-chrétiennes. Cela veut dire qu'il faut maîtriser l'immigration, que la religion musulmane doit rester une religion minoritaire. » BFM TV et RMC, juillet 2015
  • Nadine Morano (dans SMS destiné à Estrosi et envoyé par erreur à Fillon) : « Attention Christian, Fillon te chie dans les bottes.  » Rapporté par Le Canard enchaîné, février 2012
  • Nadine Morano à Cécile Duflot, prise en photo à la sortie d'un conseil des ministres en portant un jean : « Quand on représente les Français, il faut faire la différence entre la dilettante du week-end et la tenue du conseil des ministres. » RTL, mai 2012
  • « Je rencontre des électeurs du Front national, avec lesquels je partage les mêmes valeurs : la maîtrise de l’immigration, le refus du droit de vote de étrangers, le fait qu’ils ne veulent pas financer l’assistanat et qu’ils veulent qu’on reconnaisse la valeur travail, la protection de nos frontières extérieures de l’Europe. Oui, je partage ces valeurs-là en commun avec eux. » Europe 1, 11 juin 2012, lendemain du premier tour des législatives
  • « Les réseaux dormants en action, la cinquième colonne en marche : que les naïfs prennent conscience de la gravité du terrorisme islamiste en France. » Twitter, 26 juin 2015, jour de l'attentat à Saint-Quentin-Fallavier (38)
  • « On n'est pas encore à un niveau de remplacement, mais ce sentiment d'être envahis est réel. » BFMTV, 22 septembre 2015
  • Nadine Morano à Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, condamné par le passé pour recel d'abus de biens sociaux et recel d'abus de confiance : « Mieux vaut danser le rock que d'avoir été mis en cause par la justice. » BFM TV, août 2015
  • « Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. On sent du coup qu'il n'y pas de communicant derrière. » Le Parisien, février 2012

mardi 15 septembre 2015

A lire de Patrick Savidan : Voulons-nous vraiment l'égalité ?

Nos démocraties s'étiolent, la solidarité publique vacille, d importantes inégalités se creusent. Il y a, entre ces trois constats, des liens qu'il est urgent d'explorer et de prendre en compte. Alors, nous pourrons comprendre cet étrange paradoxe qui, pour nous, consiste aujourd'hui a renforcer les inégalités que nous ne cessons pourtant de dénoncer.




Patrick Savidan, Éd. Albin Michel, 350 pages, 20 euros.



Le mot de l'éditeur

Il existe, en France, un immense consensus sur les questions de justice sociale, toutes tendances politiques et toutes situations sociales confondues. Études après études, chercheurs et instituts de sondage le confirment : une écrasante majorité souhaite plus de justice et plus d’égalité. Ces mêmes recherches montrent aussi que nous en savons plus qu’auparavant sur l’augmentation et la nature des inégalités, que nous en parlons davantage et que nous nous en inquiétons plus encore. Reste que, pour les réduire, nous n’en faisons manifestement pas assez.
Faut-il voir dans cette contradiction une forme d’hypocrisie sociale ? Serions-nous passés maîtres dans l’art de ne pas tirer de conséquences de ce que nous savons ? Serions-nous, individuellement et collectivement, victimes d’une irrépressible faiblesse de la volonté ? Plutôt que de supprimer le problème à bon compte, il est temps de comprendre cet étrange paradoxe qui consiste aujourd’hui, pour nous, à creuser les inégalités que nous n’avons pourtant de cesse de dénoncer.
Patrick Savidan est professeur de philosophie politique à l’Université de Poitiers et à Sciences-Po Paris, cofondateur et président de l’Observatoire des inégalités et directeur de la revue Raison publique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Repenser l’égalité des chances (Grasset, 2010) et Le multiculturalisme (PUF, 2011).



Boîte à Idées. P. Savidan par Mediapart



dimanche 13 septembre 2015

Laïcité éclairée versus populisme ...

« Je ne mets pas la laïcité dans les assiettes des enfants » François Bayrou



Cher(e)s ami(e)s,

Tous les restaurants scolaires de l’agglomération paloise proposent désormais un menu végétarien. Pourquoi des menus végétariens ? Parce que cela respecte les préférences, les choix - qui parfois sont des choix de prescriptions religieuses et parfois alimentaires – sans séparer les gens en catégories religieuses. Pendant des années, des familles catholiques souhaitaient que leurs enfants ne mangent pas de viande le vendredi. C’est la raison pour laquelle il y avait du poisson dans les cantines. Est-ce que cela aurait été laïc d’obliger les enfants à manger de la viande à l’encontre des convictions de leur famille ? Evidemment ce n’est pas cela la laïcité. 

La laïcité est une manière de vivre ensemble qui repose sur la tolérance, l’égale acceptation des religions, dont aucune ne peut être imposée à quiconque. La laïcité n’est pas contre la religion puisqu’elle garantit la liberté de croyance à tous. Aucun d’entre nous ne souhaite et en tout cas pas moi, qu’il y ait du communautarisme avec des menus adaptés à toutes les religions. Je n’aime pas cette idée de diviser les élèves en familles d’origines ethniques ou religieuses. Le menu végétarien ne correspond pas à une famille religieuse, il convient à tout le monde. Il peut-être préféré pour des raisons alimentaires et diététiques, ou pour d’autres raisons. Plutôt que la division, je préfère le respect. Les écoliers peuvent désormais choisir le menu standard, le menu végétarien à l’année ou le menu végétarien ponctuel. Ceux qui ne mangeront pas de viande trouveront des œufs, du poisson, du quinoa, du soja…

Il y a également une forte dimension écologique dans ce choix. L’idée de rompre avec l’habitude de la viande tous les jours et à tous les repas fait aussi son chemin. Je vous l’ai déjà dit, je suis persuadé que l’humanité va devoir aller davantage vers une alimentation végétarienne, car c’est le meilleur moyen de répondre à nos besoins alimentaires futurs avec les surfaces cultivables dont nous pouvons disposer. Le menu végétarien évitera également beaucoup de gaspillage parce que jusqu’à présent, dans de nombreuses écoles, une partie de la viande partait à la poubelle. 

L’initiative a été saluée par les parents et les élèves que j’ai rencontrés lors de la rentrée. Ils y ont vu, au-delà de la diversification des choix, une manière positive de promouvoir la vie ensemble. 

Amitiés,

François Bayrou
Pau, le 12 septembre 2015

mercredi 9 septembre 2015

Quand une journaliste cameraman frappe des enfants !

Petra Laszo, journaliste a frappé plusieurs migrants dont des enfants ce mardi en Hongrie, près de la frontière avec la Serbie


Abject, lâche, laid, ignoble, hideux, innommable, odieux, honteux, atroce, abominable, épouvantable, dégout sont les mots qui viennent à l'esprit pour qualifier le comportement de cette femme caméraman de la chaine de télévision hongroise NTV1 proche du parti d'extrême-droite hongrois Jobbik.








Depuis hier soir, l'indignation a traversé les frontières hongroises et se manifeste partout en Europe sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, un "mur de la honte" a été érigé pour lui "rendre hommage".


vendredi 4 septembre 2015

Contre ces intellectuels apôtres d'une France moisie ...


Il n'y a pas qu'Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut. Le paysage intellectuel français est aujourd'hui dominé par quelques figures qui attisent les peurs, vantant une France fermée, conservatrice, machine à exclure toutes les différences et indifférente aux nouvelles questions sociales.


Invités :
  • Arlette Farge, historienne, directrice de recherche au CNRS. Parmi ses récentes publications : Le Peuple et les choses.
  • Jean-Pierre Filiu, historien et spécialiste de l'Islam contemporain. Il publie Les Arabes, leur destin et le nôtre.
  • Sudhir Hazareesingh, historien et professeur à Oxford. Il publie Ce pays qui aime les idées : histoire d'une passion française (le titre en version originale : How the French Think : An affectionate Portrait of an Intellectuel People).
  • Edwy Plenel, Mediapart.

dimanche 30 août 2015

En Allemagne les fans de football soulèvent des banderoles de bienvenue aux réfugiés

L'Allemagne a décidé de permettre à tous les réfugiés syriens qui arrivent de rester dans le pays.





L'Allemagne première économie d'Europe est mise sous pression par l'afflux de quelques 800.000 demandeurs d'asile cette année. 

Angela Merkel la Chancelière allemande s'est indignée de la montée de violence anti-réfugiés dans certaines régions du pays. Elle a annoncé que l'Allemagne après la Turquie et la Suède permettrait désormais à tous les réfugiés syriens qui arrivent de rester dans le pays.

Samedi les fans de football refusant ces violences ont réagit à leur manière en déroulant des banderoles de bienvenue aux réfugiés dans de nombreux stades à travers le pays. 




samedi 8 août 2015

Tel-Aviv à Paris Plage ? Lettre ouverte de l’AFPS à Mme Anne Hidalgo, maire de Paris

Lettre ouverte de l’AFPS à Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, samedi 8 août 2015
Madame la maire, C’est avec incrédulité que nous avons appris l’opération « Tel-Aviv sur Seine » programmée le 13 août dans le cadre de Paris-plage.
Il ne faudrait y voir, dans la suite de votre voyage en mai dernier, aucune signification politique, mais simplement un sympathique exemple de coopération entre deux villes. L’occasion offerte aux Parisiens de « profiter de la plage et de la douceur de Tel-Aviv », de son ambiance festive et, pourquoi pas, de gagner des produits de la mer Morte…

Mais il y a un hic, Madame la maire. Tel Aviv n’est pas Copacabana et il n’est pas possible de faire comme si cela intervenait hors de tout contexte politique. Nous sommes précisément à un moment extrêmement dangereux : celui de la fuite en avant du gouvernement israélien le plus extrémiste de l’histoire, déterminé à développer la colonisation et à faire obstacle à toute solution politique fondée sur le droit.

Alors que le carnage de l’été dernier reste dans toutes les mémoires et que se poursuit le blocus de Gaza, alors que les snipers de l’armée ont carte blanche face aux manifestants palestiniens en Cisjordanie et que les colons fanatiques ont dévoilé jusqu’où va leur idéologie criminelle et raciste, il est urgent pour les dirigeants israéliens de tenter de détourner les regards de ces faits qui chaque jour les accusent.

Il leur faut faire diversion et c’est précisément le cas avec cette opération de communication au goût amer, qui est une bien étrange façon de faire écho aux massacres de l’été dernier.

Comment évoquer la douceur de Tel-Aviv sans avoir à l’esprit le fait que les Palestiniens de Cisjordanie n’ont pas accès aux plages de Gaza ? Que sur ces dernières plane toujours la menace des drones et qu’on peut au loin deviner les bâtiments de la marine de guerre israélienne en charge du blocus.

Comment permettre de distribuer des produits de la mer Morte, elle-même interdite aux Palestiniens, en oubliant que pour l’essentiel ces produits proviennent des colonies de la vallée du Jourdain ?

Madame la maire, nous ne sommes pas dupes de l’objectif recherché par les diverses agences de communication mobilisées pour tenter de redorer le blason d’un Etat qui tourne aujourd’hui le dos à la paix. Nous sommes consternés par la facilité avec laquelle la ville de Paris semble avoir accepté de s’y prêter et osons attendre de vous une déprogrammation de l’événement.

Je vous prie de croire, Madame la maire, en toute ma considération.

Le Président de l'Association France Palestine Solidarité


jeudi 6 août 2015

La véritable histoire d'Hiroshima - Arte

Soixante-dix ans après la déflagration d'Hiroshima, une enquête de grande ampleur replace la vérité historique aux avant-postes et révèle d’étonnants témoignages. Un regard neuf sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

Les noms sont entrés dans la mémoire collective, et ils résonnent encore de manière macabre. Le projet atomique américain s’appelait "Manhattan Project", la bombe "Little Boy", et l’avion qui a ouvert sa soute "Enola Gay". Le 6 août 1945, sur ordre du président Truman, un bombardier B-29 largue sur Hiroshima la première arme nucléaire jamais utilisée lors d’une guerre. "Il y eut un anneau de feu rouge et aveuglant. Je ne devrais pas le dire, mais c’était magnifique", dit aujourd’hui un des survivants. "L’aube d’une ère nouvelle", assurent certains scientifiques. 80 000 Japonais paient sur le champ ce basculement de l’histoire de l’humanité. Si, bien entendu, les suites immédiates et dantesques de l’explosion sont l’épicentre du documentaire, elles n’en constituent pas l’unique objet. Grâce à la révélation d’étonnants secrets, Hiroshima, la véritable histoire dissipe les écrans de fumée qui ont détourné le monde de la réalité des faits.

Test grandeur nature
Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Little Boy était-elle un "mal nécessaire" pour forcer les Japonais à capituler ? Hiroshima démontre que le pays de l’empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier. Les objectifs de Truman étaient autres : tester in vivo l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement. Même duplicité après la seconde explosion atomique (Nagasaki, le 9 août) : les Américains font des études scientifiques mais ne soignent personne. Le quotidien des irradiés est occulté : considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l’emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains. Dans le même temps, aux États-Unis, une propagande gouvernementale massive tente de rendre populaire le recours au nucléaire. Bénéficiant d’images d’archives inédites et de documents confidentiels, le film de Lucy van Beek met en avant de nombreux  témoignages, notamment  japonais (experts, agents secrets, survivants). Les souvenirs et les histoires individuelles qu’ils esquissent aboutissent tous au même constat : les ondes de choc d’Hiroshima n’ont pas encore disparu.





samedi 18 juillet 2015

Mort du journaliste engagé Jean Lacouture

L'écrivain est mort jeudi 16 juillet à l'âge de 94 ans. Partisan ardent de la décolonisation, amoureux de l'histoire et de ceux qui la font, il a consacré des biographies monumentales aux grands personnages du XXe siècle


Jean Lacouture - Journaliste et historien (1921-2015)


Né en 1921 à Bordeaux, Jean Lacouture a fait ses études secondaires dans cette ville, chez les jésuites, et ses études supérieures (licence de droit et de lettres) à Paris où il obtient un diplôme de sciences politiques. À la fin de la guerre, il est attaché de presse du Général Leclerc.

Jean Lacouture a commencé sa carrière à Combat en 1950 comme rédacteur diplomatique, puis au Monde en 1951. En 1953, il est correspondant de France soir au Caire. Jean Lacouture est de retour au Monde en 1957 où il devient chef du service outre-mer, puis grand reporter jusqu’en 1975.

Homme de gauche, Jean Lacouture a soutenu tous les mouvements de décolonisation et la gauche au pouvoir en France à partir de 1981. Il travaille ensuite pour le Nouvel Observateur, puis L'Histoire… Il a ramené des reportages et des analyses sur le Vietnam, l'Égypte, l'Algérie, le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, etc.

Parallèlement, Jean Lacouture a été directeur de collection au Seuil de 1961 à 1982 et professeur à l’IEP de Paris entre 1969 et 1972. Il est surtout connu pour son œuvre de biographe : Hô Chi Minh, Nasser, Blum, De Gaulle, Mauriac, Mendès-France, Mitterrand, Montesquieu, Montaigne, Malraux, Germaine Tillion, Champollion, Rivière…




samedi 11 juillet 2015

Vingtième anniversaire du massacre de Srebrenica

Survenu en juillet 1995, le génocide de Srebrenica, selon les termes de la justice internationale, a coûté la vie à quelque 8000 musulmans bosniaques, le massacre le plus sanglant commis en Europe depuis la seconde guerre mondiale

 

Le récit du génocide


En mai 1995, le Conseil de sécurité décide de ne pas renforcer la défense de Srebrenica face aux menaces de prise de la ville par les forces Serbes. D'une part, la protection de petits paysans et d'ouvriers, de surcroît musulmans, est jugée comme trop coûteuse. D'autre part, il est très probable que les grandes puisssances ont donné leur feu vert en 1991 déjà pour l'exécution du plan de partage de la Bosnie-Herzégovine concocté par Milosevic, avec l'assentiment de Tudjmann, le président Croate. La meilleure preuve en est que malgré le génocide et sa triple reconnaissance, la région de Srebrenica et tout l'est de la Bosnie (à l'exception de Gorazde qui a résisté) a été donné comme convenu en 1991 à la "République Serbe de Bosnie" lors des "Accords de Dayton". Il n'est pas vrai (c'est un classique de la propagande Serbe) que "l'armée" de Naser Oric aurait quitté Srebrenica quelques temps avant la prise de Srebrenica. Seul Naser Oric et quelques officiers ont quitté Srebrenica, appelés à Tuzla pour un cours de formation.

Le 11 juillet, seuls quelques centaines d'hommes ont accompagné leurs familles à Potocari, où ils ont été capturés au cours des jours suivants par les sbires de Mladic et exécutés, tout comme une centaine de femmes et d'enfants.

Le 13 juillet, la grande majorité des femmes, enfants et vieillards ont été amenés en autocars vers la ligne de front vers Kladanj, traversé après quelques kilomètres à pied. Le soir du 11 juillet, 14.000 hommes, dont  environ 2000 sont armés (en majorité de fusils de chasse) se réunissent à la limite nord de la "zone de sécurité" et se mettent en marche.

Le 12 juillet, plusieurs milliers d'hommes sont tués et blessés par des salves d'obus et mitraillages. Les survivants, dispersés, perdent le contact avec la tête de la colonne, quelques 4500 hommes qui arrivent à rejoindre le Mont Udric (à mi-parcours de ce trajet de fuite de 104 km.).

Dès le 12 aussi, mais surtout le 13 juillet, les survivants de l'arrière sont victimes d'armes expérimentales de type LSD, qui bien que non-létales, a facilité leur capture. C'est ainsi que plusieurs milliers de prisonniers, quasi tous des civils, sont conduits à Kravica et Nova Kasaba et exécutés en masse par des milices spéciales aux ordres de Belgrade et notamment de Jovan Stanisic. chef des services secrets Serbes et agent de la CIA... Ce Jovan Stanisic accompagnait Milosevic à Dayton pour achever le dépeçage de la Bosnie en deux "entités"...

La volonté de génocide s'est vérifiée jusqu'au bout, puisque le commandement Serbe a refusé de laisser passer la colonne des quelques 4600 survivants qui sont arrivés le 17 juillet en vue du territoire libre vers Nezuk, après avoir réussi à capturer un officier Serbe qui a été d'accord pour négocier la sortie de ces hommes externués. Plusieurs centaines d'hommes ont ainsi été tués dans une ultime bataille, qui a permis aux 4200 survivants de franchir les trois lignes Serbes et de rejoindre Nezuk où ils ont été accueillis par les habitants et Naser Oric qui a contribué avec 200 volontaires arrivés de Tuzla à forcer la première ligne Serbe.

La question que l'on peut se poser est pourquoi c'est Naser Oric et non pas l'Armée Bosniaque  en tant que telle ? Il y a des points à éclaircir. Ceci dit, Naser Oric n'est magré son rôle libérateur pas exempt de côtés problématiques.

Environ 2000 hommes, tous des civils, ont réussi à franchir les lignes Serbes, par petits groupes, au cours des semaines et mois suivants. En effet, suite à la bataille finale du 17 juillet qui a permis le passage de la ligne de front sous Nezuk d'environ 4000 hommes qui ont réussi de rester en colonne, les forces Serbes ont resoudés leurs lignes, empêchant les petits groupes qui sont arrivés après de passer. Ceux-ci ont donc reflué vers l'intérieur, se cachant dans les forêts et montagnes, harcellés par des militaires Serbes qui utilisaient des chiens pour les débusquer. Ces hommes ont donc vécu durant des semaines ou même durant des mois en se cachant le jour et cherchant de la nourriture durant la nuit, jusque dans les hauteurs de Srebrenica, où ils trouvaient notamment des légumes. Des groupes ont même réussi à se préparer de la viande grillée de vache.

Après cinq jours de massacre, les corps sont enterrés dans trois ou quatre immenses charniers. Mais Ratko Mladic réalise qu'il serait catastrophique pour lui si l'ONU venait à découvrir ces charniers. Alors il les fait rouvrir au tractopelle afin d'éparpiller les milliers de corps dans des charniers plus nombreux et plus distants. Mais la communauté internationale apprend très rapidement l'ampleur du carnage, et cet événement marquera en effet la fin de l'offensive serbe, puisque l'OTAN prendra le relais de l'ONU.

Ivar Petterson  
Président de l'assocation Solidarité Bosnie-Genève

jeudi 9 juillet 2015

Le discours du Premier Ministre grec Alexis Tsipras sur la situation de la Grèce au Parlement européen

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, était devant le Parlement européen ce mercredi (8 juillet), pour informer sur la situation grecque.

Premier ministre grec, Alexis Tsipras: écouter (traduction en Français – source : PE)



Sources Bruxeles2

mardi 7 juillet 2015

Combien coûtent les violences liées aux armes à feu aux Etats-Unis ?

Au total, 11.000 personnes sont victimes, chaque année aux Etats-Unis, d’homicides par arme à feu. Mais une question est rarement posée : quel est le coût économique de ce gâchis ?



vendredi 3 juillet 2015

La lettre de demande d'asile de Julian Assange à la France

Par Julian Assange

Monsieur le président de la République, j’ai l’honneur de vous écrire et, à travers vous, de m’adresser au peuple français.

Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Townsville, en Australie. Je suis un journaliste poursuivi et menacé de mort par les autorités états-uniennes du fait de mes activités professionnelles. Je n’ai jamais été formellement accusé d’un délit ou d’un crime de droit commun, nulle part dans le monde, y compris en Suède ou au Royaume-Uni.

Je suis le fondateur de WikiLeaks.

En avril 2010, je décide de publier une vidéo intitulée « Collateral murder ». Celle-ci montre le massacre de plusieurs civils, dont deux employés de Reuters, et les graves blessures de plusieurs enfants par des soldats états-uniens en Irak. Les images, filmées depuis un hélicoptère, sont difficilement soutenables. Elles s’accompagnent des rires et des commentaires sarcastiques de ceux qui sont en train de commettre ces crimes. Elles font le tour du monde et révèlent brutalement l’inhumanité d’une guerre qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes.

Dès le lendemain, à travers des menaces de mort précises et ciblées, une persécution politique d’une ampleur inédite est lancée contre moi et les principaux employés de WikiLeaks. Elle n’a, depuis, jamais cessé. L’énumération des actions menées contre mon organisation, mes proches et moi-même ne permet pas d’en saisir toute la violence, mais peut-être en donne-t-elle une idée : appels à mon exécution, à mon kidnapping, et à mon emprisonnement pour espionnage par de hauts responsables politiques et administratifs états-uniens, vols d’informations, de documents et de biens, attaques informatiques répétées, infiltrations successives, interdiction illégale à l’ensemble des plateformes de paiement de procéder à des dons envers mon organisation, surveillance permanente de mes moindres faits et gestes et de mes communications électroniques, poursuites judiciaires inconsidérées se prolongeant depuis plus de cinq ans sans possibilité de me défendre, campagnes de diffamation, menaces physiques répétées, fouilles et harcèlement de mes avocats, etc.

WikiLeaks, que j’ai fondé en 2006, avait déjà auparavant révélé de nombreux scandales majeurs de corruption, de violations des droits fondamentaux, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Nous avions pour cela reçu notamment un prix d’Amnesty international et des dizaines d’autres prix journalistiques d’autres organisations prestigieuses, dont cinq nominations successives au prix Nobel de la paix et, plus récemment, cinq nominations au prix Mandela des Nations unies (ONU), créé cette année.

Pourtant, cette vidéo a marqué un avant et un après dans ma vie, mais aussi dans celle de tous ceux qui s’y sont impliqués. Un citoyen français notamment, Jérémie Zimmermann, remercié dans le générique de la vidéo, a fait l’objet de menaces de la part de deux agents du FBI dans le but d’en faire un infiltré, et n’a jamais pu revenir sur le territoire américain malgré ses besoins professionnels. Il en est allé de même pour d’autres journalistes qui, malgré leur nationalité états-unienne, n’ont plus jamais pu revenir sur leur propre territoire pour retrouver leurs proches, et font l’objet depuis de poursuites judiciaires pour espionnage. Jacob Appelbaum, pour s’être présenté comme un défenseur de Wikileaks, a fait l’objet de toute une série de violences et d’intimidations, notamment à son domicile, où sont entrés un jour en pleine nuit des hommes masqués et menaçants, laissant sa compagne durablement marquée.

Au pic de cette campagne, plus de 120 employés étaient chargés, au sein de la dite « WikiLeaks War Room » du Pentagone américain, de coordonner cette offensive contre moi et mon organisation. Les preuves ont été depuis apportées qu’un grand jury secret, portant notamment des accusations d’espionnage à mon encontre, a été formé en 2010, et n’a jamais cessé d’agir depuis.

L’ampleur de ce dispositif n’aurait guère pu être imaginée par un esprit paranoïaque. Une douzaine d’agences états-uniennes y participent officiellement, incluant le Pentagone, la Defence Intelligence Agency, la CIA, le FBI, l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), le ministère de la justice et le département d’État. D’autres le font de façon plus secrète, comme cela a été révélé récemment suite à une enquête parlementaire en Islande. Ces persécutions sont pourtant bien réelles. Elles ont été documentées par une infinité d’organisations, fait l’objet de rapports internationaux et de décisions judiciaires, ont été substantiellement admises par les autorités concernées, et souvent même revendiquées. Érigées en véritable politique par le gouvernement états-unien, elles se sont depuis étendues au-delà de mon cas et de WikiLeaks : l’administration Obama a ainsi poursuivi plus de journalistes et de sources lors de ses deux mandats successifs que tous les gouvernements états-uniens précédents réunis.

Pour le simple fait d’avoir publié des informations d’intérêt public que des sources anonymes avaient transmises à WikiLeaks, je suis personnellement poursuivi pour espionnage, conspiration visant à espionner, vol ou compromission de propriété du gouvernement états-unien, violation de la loi sur la fraude informatique, et conspiration générale, risquant pour cela l’emprisonnement à vie ou pire. Les Etats-Unis ont depuis étendu leur enquête pour y inclure l’assistance que j’aurai offerte à M. Snowden pour préserver sa vie et lui faire obtenir l’asile ; et il en est, selon plusieurs sources journalistiques, déjà de même en ce qui concerne les publications des FranceLeaks concernant les écoutes qui vous ont touché, Monsieur le président.

Ces poursuites ont été et continuent d’être menées contre moi parce que j’ai, un jour, décidé de ne pas garder le silence, et de révéler les preuves de commissions de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elles ne m’ont pas fait taire, et j’ai depuis, entre de nombreuses autres publications, documenté précisément la mort de centaine de milliers de civils à travers les Iraq War Logs. Par ces révélations, je montrais notamment, à travers un télégramme diplomatique états-unien, comment une famille irakienne avait été exécutée à bout portant par une patrouille américaine lors d’un contrôle de routine, avant que ce crime contre l’humanité ne soit volontairement « effacé » par une frappe aérienne. Selon le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, ce fut cette affaire qui l’amena à exiger la levée de l’immunité des troupes états-uniennes et, après leur refus, à provoquer in fine le départ de ces soldats.

L’ensemble des publications de WikiLeaks depuis 2006 ont fait l’objet d’une infinité de rapports et de décisions provenant d’organisations internationales et non gouvernementales, de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) aux rapporteurs spéciaux des Nations unies en passant par de nombreux groupes de travail indépendants. Elles ont permis de lever le voile sur des milliers de crimes et sur des pratiques qui auraient autrement été couvertes. Qui seraient autrement restées impunies.

Les persécutions qui s’en sont suivies m’ont forcé à demander l’asile au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, en juin 2012, pour éviter une extradition vers les Etats-Unis qui devenait à chaque heure plus probable. Après deux mois d’étude approfondie, le ministère des affaires étrangères de l’Équateur a considéré que la persécution qui était menée à mon encontre du fait de mes croyances et de mes activités politiques était réelle, et que les risques d’extradition vers les Etats-Unis ainsi que les mauvais traitements qui s’en suivraient étaient majeurs. J’ai depuis reçu la confirmation informelle que les poursuites menées aux Etats-Unis étaient réelles et avaient débouché sur un acte d’accusation formel maintenu pour l’instant sous scellés.

Dénué de l’assistance consulaire et de la protection que me devait mon pays d’origine, l’Australie – où le gouvernement a été sujet à des critiques d’une ampleur inédite suite à sa tentative de me retirer mon passeport en 2010, jusqu’à devoir faire marche arrière et se justifier –, je demeure depuis maintenant trois ans et dix jours au sein de cette ambassade.

J’y dispose de cinq mètres carrés et demi pour mes usages privatifs. L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été interdit par les autorités du Royaume-Uni ; ainsi que toute possibilité de me rendre à un hôpital ; je n’ai pu utiliser le balcon du rez-de-chaussée de l’appartement que trois fois depuis mon refuge, à mes risques et périls, et n’ai jamais été autorisé à sortir pour faire de l’exercice.

L’Equateur, dont la générosité et le courage m’honorent et m’ont probablement sauvé la vie, n’a pour ambassade qu’un appartement utilisé par une dizaine de diplomates et fonctionnaires de support qui ne peuvent renoncer à leur mission. Loin de l’image de luxe généralement associée aux enceintes diplomatiques, il s’agit d’un espace modeste qui n’a pas été pensé pour devenir un lieu de vie. Il m’y a été impossible, depuis trois ans, de maintenir la moindre vie familiale ou intime. Cet espace est en permanence surveillé par plusieurs douzaines de policiers britanniques en uniforme qui vérifient régulièrement les identités de mes visiteurs, ainsi que par un nombre indéterminé d’agents en civil et d’agents de renseignement au sein des bâtiments adjacents. Les dépenses concernant la surveillance civile dont je fais l’objet ont dépassé, officiellement, les quinze millions d’euros. Elles n’incluent pas celles des services secrets.

Mes proches, y compris mes enfants, n’ont pas pu me rendre visite depuis, du fait de cette situation.

Le Royaume-Uni refuse de reconnaître mon asile et de garantir ma non-extradition aux Etats-Unis, violant la convention de 1951, et se refuse par ailleurs à confirmer ou à infirmer la réception d’une demande d’extradition de la part des Etats-Unis d’Amérique. Il en va de même pour le gouvernement suédois qui, à l’ONU, a refusé de garantir ma non-extradition dans le cas où je m’y rendrais. La Suède comme le Royaume-Uni ont annoncé à plusieurs reprises qu’ils demanderaient mon arrestation dès que je sortirai de l’ambassade, ces derniers le réaffirmant « quel que soit le résultat de l’enquête suédoise ».

Cela, alors que je n’ai été formellement accusé d’aucun crime ni délit dans aucun des deux pays.

Depuis quatre ans et demi, soixante organisations internationales ont appelé, depuis l’ONU, à la fin des poursuites en Suède, tandis que le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’institution s’est saisi de la question. Malgré les injonctions de la Cour suprême et du procureur général visant à l’abandon de l’enquête préliminaire – relancée en 2010 après avoir été dans un premier temps abandonnée – aucun acte d’accusation formel à mon encontre ni d’acte d’enquête n’a été mené en cinq ans. L’émission d’un mandat d’arrêt européen avait pour seul objectif de m’interroger en Suède, alors que je m’étais volontairement rendu dans à Stockholm à cette fin, et y était resté cinq semaines consécutives. Je n’avais alors jamais obtenu de réponse à mes demandes répétées de rencontre avec les autorités judiciaires suédoises.

WikiLeaks a été créé avec l’objectif d’enquêter sur les appareils politiques, économiques et administratifs du monde entier pour y apporter de la transparence et s’assurer qu’ils n’échappent pas à un contrôle démocratique et souverain. L’organisation a révélé des millions de documents touchant la quasi-totalité des Etats du monde, sans distinction de régime ou d’idéologie. Elle permet à tout individu qui aurait connaissance de pratiques illégales ou intéressant le bien commun de nous les transmettre en toute sécurité, et de façon parfaitement anonyme. Ces informations sont ensuite vérifiées par nos journalistes et par des spécialistes, puis organisées et triées avant d’être publiées de par le monde, éventuellement en partenariat avec d’autres organes de presse prestigieux.

Financée par des dons récurrents, mon organisation a inventé une nouvelle forme de journalisme qui lui a permis de révéler plus d’une centaine de scandales d’ampleur mondiale en seulement neuf ans d’existence. Les activités de WikiLeaks ont inspiré de nombreuses autres organisations de presse, humanitaires, environnementales, etc. qui ont imité nos structures et nos pratiques. Malgré toutes les difficultés liées à ma surveillance permanente au sein de l’ambassade, les écoutes systématiques mises en place par la NSA contre les élites politiques, économiques et administratives de la France et de l’Allemagne sont le dernier exemple de la capacité de l’organisation à publier des informations cruciales pour préserver la souveraineté la vie démocratique des Etats.

L’ampleur du scandale et les réactions qui ont suivi nos dernières révélations ont confirmé le bien-fondé de notre démarche. La condamnation unanime par la classe politique et les sociétés civiles françaises et allemandes des actions commises par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, ainsi que les appels qui ont suivi à une révision des politiques françaises sur la question de la défense des lanceurs d’alerte et de la presse, alors que l’attentat contre Charlie Hebdo reste présent dans les esprits, ont constitué d’importants encouragements.

Ces révélations ont été faites au péril de notre vie.
C’est pourquoi j’ai été particulièrement touché par l’appel inattendu du gouvernement français, par la voie de la ministre de la justice et garde des sceaux Christiane Taubira, et relayé par des dizaines d’autres personnalités, à ce que la France me donne l’asile. Gardienne d’une constitution qui oblige la France à accueillir les combattants pour la liberté menacés de leur vie, d’une constitution qui oblige le monde de par la noblesse d’une telle exigence, elle a ouvert une voie qui, je l’espère, ne se refermera pas.

En m’accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique, envoyant un encouragement à tous les journalistes et lanceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien pour permettre à leurs concitoyens de faire un pas de plus vers la vérité.

Elle enverrait aussi un signal à tous ceux qui, de par le monde, saisis par l’hubris, trahissent leurs valeurs en s’attaquant incessamment aux citoyens qui s’y refusent.

La France a longtemps été porteuse d’espérance et de singularité pour de nombreux peuples et individus de par le monde. Ses mythes nourrissent encore aujourd’hui bien des enfances. Mes liens avec ce pays ne sont pas seulement idéels. De 2007 jusqu’à la perte de ma liberté en 2010, j’y ai résidé. Nos structures techniques y sont encore installées.

Mon plus jeune enfant et sa mère sont français. Je n’ai pas pu les voir depuis maintenant cinq ans, depuis que la persécution politique à mon égard a commencé. La situation présente leur cause d’immenses difficultés. J’ai dû garder leur existence secrète jusqu’à aujourd’hui dans le but de les protéger. J’ai aujourd’hui l’espoir que la situation et l’appui dont je bénéficie permettront de le protéger. Mon fils aîné, aujourd’hui adulte, et à ma mère, en Australie, subissent en effet encore aujourd’hui les conséquences de ma situation. Les menaces de mort, le harcèlement, y compris venant de personnes ayant des liens avec l’appareil militaire états-unien, ont commencé au même moment qu’émergeaient les appels à mon assassinat. Ils ont dû changer d’identité et réduire leurs échanges avec moi.

Je ne souhaite plus subir cette situation. Je souhaite les retrouver.

Ma vie est aujourd’hui en danger, Monsieur le président, et mon intégrité, physique comme psychologique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée.

Tandis que je faisais tout pour préserver la vie d’Edward Snowden, plusieurs employés britanniques de WikiLeaks devaient s’exiler à Berlin, en Allemagne. Tandis que nous révélions le scandale des écoutes de la NSA en France, des responsables politiques du Royaume-Uni admettaient que le siège autour de l’ambassade équatorienne était dû à la pression états-unienne. Tandis que nous créions une fondation d’appui aux lanceurs d’alerte, Courage Foundation, l’administration états-unienne multipliait les poursuites contre les journalistes et leurs sources, poursuites atteignant une intensité inédite dans l’histoire de ce pays. Tandis que Chelsea Manning était condamnée à 35 ans de prison pour avoir été supposément ma source et révélé un nombre incalculable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, après avoir été soumise à des traitements inhumains selon le rapporteur spécial de l’ONU, je continuais mon travail avec l’organisation de WikiLeaks pour m’assurer qu’aucune source ne pourrait jamais être identifiée du fait de ses liens avec mon travail, ce qui a jusqu’ici été fait avec succès.

Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, en tant que pays engagé par toute son histoire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cinquième puissance mondiale, en tant que pays qui a marqué ma vie et qui en accueille une partie, la France peut, si elle le souhaite, agir.

Respectueusement,

Julian Assange